Actus personnelles
paru dans BSC NEWS MAGAZINE
Les buzz de la rentrée sont souvent trompeurs. On parlera beaucoup du PPDA, de son superbe portrait d’une courtisane vénéneuse (Fragments d’une femme perdue), du Beigbeder, (Un roman français), tous deux chez Grasset et d’un futur Beigbeder, Sacha Sperling, 18 ans, fils de Diane Kurys et d'Alexandre Arcady, auteur d’un premier roman, Mes illusions donnent sur la cour, (chez Fayard, dont Olivier Nora, le patron de Grasset a pris les commandes). La presse suivra, syndrome mouton de panurge oblige. Remarquez au passage qu’il s’agit de trois hommes, reflet d’une rentrée masculine : pas de romancières françaises ni chez Grasset ni chez Flammarion. En contre point, Trois femmes puissantes, de Marie Ndiaye (Gallimard) s’imposeront, mais aussi Heureux parmi les morts, (Gallimard), d’Elisabeth Barillé qui s'intéresse aux rapports entre la mode et la mort. Ses personnages : une thanatopractrice par vocation, un créateur de mode à la Wharol, son ami tétraplégique, une gothique, sont tous fascinés par la mort qu’ils tentent d’apprivoiser. Laurence Plazenet pourrait bien créer l’événement avec La blessure et la soif. Dans une langue magnifique, elle raconte une passion platonique au XIIIe. Tous trois sortent chez Gallimard, qui, comme l’an dernier, se surpasse et innove avec sept premiers romans.
En dehors de la ville de Berlin (J-M Guenassia, Le club des incorrigibles optimistes, chez Albin par exemple), les thèmes qui se dégagent tournent, comme d’habitude, autour des liens de famille : histoire de ses parents pour Anne Wiazemski ; Eliette Abécassis publie la saga de sa famille issue du Maroc et de l'Alsace, (Albin Michel ) ; Sorj Chalandon évoque son père (Grasset) ; Marie-Odile Beauvais part à la recherche du Secret de Gretl à travers l’Allemagne et reconstitue la saga familiale (Fayard), comme Camille de Villeneuve qui, à l’histoire d’une famille d’aristos, s’interroge sur le poids du passé, des privilèges, du nom (Les insomniaques ( Philippe Rey). On trouvera des sujets actuels, comme l'Arabe, d'Antoine Audouard, dans le genre de l'Etranger ; Delphine de Vigan décrit la descente aux enfers d’une femme placardisée dans son entreprise (Les heures souterraines, Lattès). Dans Le prisonnier, (Stock), Anne de Plantagenet crée un huis clos fiévreux où Julia, une institutrice de campagne, ravagée par une rupture, est forcée de nourrir et de soigner dans sa classe un meurtrier en cavale crasseux. Une tragédie intemporelle qui m’a fait penser à celle des groupes dissidents comme l’ETA. Gérard Pussey s’attaque à retraite verte et coquine (Les succursales du ciel, Fayard). Les écrivains aiment toujours autant raconter leur vie… d’écrivain. Après L’auteur (1995), Vincent Ravallec remet le couvert avec Le retour de l’auteur, (Le dilettante) : le Prix de Flore, les salons, ses émissions télé, tout y repasse. Julie Jézéquel publie un roman scénario où une femme nègre va de surprises en surprises (Retour à la ligne, La Table ronde). Le couple, sujet fétiche de David Foenkinos, (La délicatesse, Gallimard) se décline sur tous les tons : couple en butte à la dépression, chez José Alvarez ( Anna la nuit, Grasset), couple au bord de la crise de nerfs (on attend le nouveau cru de Queffelec) ; couple face à la passion, chez Hervé Le Tellier, (Assez parlé d’amour, JC Lattès)
Coup de cœur pour des auteurs qui ne se la jouent pas. Une respiration. Philippe Delerm fait l’éloge de la paresse, de la lenteur : (Quelque chose en lui Bartleby, Mercure), Serge Joncourt est L’homme qui ne savait pas dire non, (Flammarion).
Que lire cet été ? Pour les romantiques : Une vie et 3 semaines, de Catherine Salez (J-P Bertrand). Après la mort de son mari, une grande bourgeoise, délaissée par ses fils, se souvient d’une rencontre initiatique de trois semaines qui a bouleversé son existence. Jeune fille romantique, passionnée de poésie, elle venait de se fiancer à Marc. Francisco était peintre, Luna posa dans son atelier : « C’est là-haut que j’ai commencé à vivre et là-haut que je suis morte ». Comme dans Tristan et Iseult, Marc sépara les amants, mais Francisco garda le portrait de Luna… D’une écriture sensuelle et ardente, Catherine Sallez réussit l’autopsie d’une passion. Une réflexion passionnante sur l’art.
Pour éviter d’avoir le blues : Un été chez les fous, de Sabine Davion-Marin (Presses de la renaissance). Le témoignage au ton décalé de cette animatrice radio sur sa dépression, son séjour à l’HP qui s’apparente à un voyage dans la quatrième dimension. Un message d’espoir, une façon de se déculpabiliser si ça vous arrive, car la dépression reste une maladie dont on peut sortir plus fort.
Pour se détendre : Je n’irai pas chez le psy pour ce con, d’Isabelle Alexis, (Albin Michel) : entre chick lit haut de gamme et comédie policière, Isabelle nous propulse dans un univers déjanté où les hommes se conduisent comme des lâches et les filles se comportent comme des hommes, en plus imaginatif.
Emmanuelle de Boysson
Jacques Laurent Le petit canard Grasset
20/06/2009Actus personnelles
paru dans Service littéraire
Un Petit Canard boîteux
Début 1954. Après avoir ouvert le feu avec un roman fleuve, Les corps Tranquilles (1949), Jacques Laurent relève le défi face à ses détracteurs : réussir à écrire une texte court. Le Petit Canard s’apparente au Blé en herbe dont l’adaptation par Claude Autant-Lara sortit en salles en janvier. Pendant la « drôle de guerre », Antoine, en terminale, tombe amoureux de Sophie. Il balance entre des partis extrêmes : se déclarer ou rester sur la réserve, s’engager ou de se faire réformer. Comme Julien Sorel, cet ambitieux doute de lui et se regarde tout le temps dans la glace. « La gloire, en gros, le tourmentait ». Les jeunes gens se promènent autour du Val-Aimée, dans un secteur sûr. Antoine n’ose déflorer Sophie : « Il considérait que la femme déchoit quand elle se donne. Disons qu’il avait un peu trop lu Montherlant ». Quand Sophie lui avoue qu’elle a couché avec un soldat polonais, il s’engage dans la L.V.F. et part sur le front de l’Est. Le récit se termine par un monologue du père d’Antoine dont le fils a été exécuté en 1945. A travers cet homme blessé, Jacques Laurent évoque le sien. Le Petit Canard, c’est lui. Ce jeune homme aux idées d’Action française qui se retrouve à Vichy et fut interné à la Libération, l’envoyé spécial en Algérie, engagé aux côtés de l’OAS qui publie Mauriac sous de Gaulle où il prend Mauriac en flagrant délit d’idolâtrie. A l’époque, la critique est partagée. Michel Déon salue le dépouillement d’un univers où la grâce attire la cruauté. Robert Poulet estime que Le Petit Canard boîte un peu. On lui reproche le caractère elliptique de la fin, mais surtout la dénonciation des tribunaux d’exception d’après guerre. Un héros membre de la L.V.F., il fallait oser. Ses adversaires vont jusqu’à l’inclure dans le clan des fascistes. Il ne réagit pas. Il aime déplaire. « Un écrivain a tout intérêt à s’opposer à son époque ». Directeur de l’hebdomadaire Arts, hussard, Cecil Saint-Laurent, prix Goncourt, Académicien, Jacques Laurent fut un homme libre au point de décider de l’heure de sa mort. Il faut lire Le Petit Canard pour son ambivalence, la beauté barrèsienne de sa prose.
Emmanuelle de Boysson
Le Petit Canard, de Jacques Laurent, Les Cahiers Rouges, éd. Grasset, 148 p. 7, 60 E.
Début 1954. Après avoir ouvert le feu avec un roman fleuve, Les corps Tranquilles (1949), Jacques Laurent relève le défi face à ses détracteurs : réussir à écrire une texte court. Le Petit Canard s’apparente au Blé en herbe dont l’adaptation par Claude Autant-Lara sortit en salles en janvier. Pendant la « drôle de guerre », Antoine, en terminale, tombe amoureux de Sophie. Il balance entre des partis extrêmes : se déclarer ou rester sur la réserve, s’engager ou de se faire réformer. Comme Julien Sorel, cet ambitieux doute de lui et se regarde tout le temps dans la glace. « La gloire, en gros, le tourmentait ». Les jeunes gens se promènent autour du Val-Aimée, dans un secteur sûr. Antoine n’ose déflorer Sophie : « Il considérait que la femme déchoit quand elle se donne. Disons qu’il avait un peu trop lu Montherlant ». Quand Sophie lui avoue qu’elle a couché avec un soldat polonais, il s’engage dans la L.V.F. et part sur le front de l’Est. Le récit se termine par un monologue du père d’Antoine dont le fils a été exécuté en 1945. A travers cet homme blessé, Jacques Laurent évoque le sien. Le Petit Canard, c’est lui. Ce jeune homme aux idées d’Action française qui se retrouve à Vichy et fut interné à la Libération, l’envoyé spécial en Algérie, engagé aux côtés de l’OAS qui publie Mauriac sous de Gaulle où il prend Mauriac en flagrant délit d’idolâtrie. A l’époque, la critique est partagée. Michel Déon salue le dépouillement d’un univers où la grâce attire la cruauté. Robert Poulet estime que Le Petit Canard boîte un peu. On lui reproche le caractère elliptique de la fin, mais surtout la dénonciation des tribunaux d’exception d’après guerre. Un héros membre de la L.V.F., il fallait oser. Ses adversaires vont jusqu’à l’inclure dans le clan des fascistes. Il ne réagit pas. Il aime déplaire. « Un écrivain a tout intérêt à s’opposer à son époque ». Directeur de l’hebdomadaire Arts, hussard, Cecil Saint-Laurent, prix Goncourt, Académicien, Jacques Laurent fut un homme libre au point de décider de l’heure de sa mort. Il faut lire Le Petit Canard pour son ambivalence, la beauté barrèsienne de sa prose.
Emmanuelle de Boysson
Le Petit Canard, de Jacques Laurent, Les Cahiers Rouges, éd. Grasset, 148 p. 7, 60 E.
Ecrits et chuchotements
20/06/2009Actus personnelles
paru dans Service littéraire du juin 2009
35 EUROS. C’est le prix d’un abonnement d’un an à Service littéraire.
4000 EUROS. Le prix Européen de Littérature patronné par la commission européenne, le ministère des affaires étrangères et la ville de Strasbourg a été attribué à Tankred Dorst, dramaturge et romancier allemand hélas peu connu en France.
5000 EUROS : La mécène Corinne Ricard ayant déclaré forfait, c’est Denis Huisman, secrétaire général du jury du prix Nimier qui a mis la main à la poche et versé le montant à Xavier Patier, pour Le silence des termites, La Table Ronde.
50 000 EUROS. Alain Duménil a souhaité que le prix qui porte son nom soit le plus doté. Le montant aurait-il baissé à 35 000 euros ? Lauréat 2009 à l’unanimité : Charles Dantzig.
100 000 EUROS. LE LIVRE LE PLUS CHER Marilena Faerrari a racheté la maison d’édition FMR (Franco Maria Ricci) et mis en vente un superbe livre sur les sculptures de Michel-Ange. Il reste quelques exemplaires à acheter.
200 000 EUROS. Calixthe Belaya, a assigné en justice son ex, Michel Drucker. Elle lui réclame cette somme pour un livre non publié, constitué d’entretiens avec Régis Debray sur lequel elle aurait travaillé. L’animateur dément. Aucun contrat ne le prouve. La décision est mise en délibéré au 30 juin. Calixte serait-elle devenue nègre ?
60 ANS PLUS TARD. Une suite de L’attrape-Cœurs sortira fin juin en Grande-Bretagne. Caulfield en pensionnaire sénile d’une maison de retraite : tristouille. Salinger a fait interdire la publication du livre.
LES 3 BUZZ DE LA RENTREE. Fayard crée l’événement avec Mes illusions donnent sur la cour, de Sacha Sperling, 18 ans, fils de Diane Kurys. Une jeunesse désenchantée.
Deux romans choc chez Albin Michel : Les club des incorrigibles optimistes, de Jean-Michel Guenassia : les années mur de Berlin, guerre d’Algérie et Guide de l’incendiaire des maisons d’écrivains, de Brock Clarke.
007 : UNE VIPERE SUR LA TOILE. Elle dort beaucoup, mais quand elle se réveille, elle lâche son venin via son blog (vipère littéraire) sur Yann Moix, Patrick Besson, Christophe Girard, FOG… épargne Jérôme Garcin. Didier Jacob ? Trop à droite pour lui. Si vous savez qui se cache derrière le reptile, prévenez-nous.
Emmanuelle de Boysson
4000 EUROS. Le prix Européen de Littérature patronné par la commission européenne, le ministère des affaires étrangères et la ville de Strasbourg a été attribué à Tankred Dorst, dramaturge et romancier allemand hélas peu connu en France.
5000 EUROS : La mécène Corinne Ricard ayant déclaré forfait, c’est Denis Huisman, secrétaire général du jury du prix Nimier qui a mis la main à la poche et versé le montant à Xavier Patier, pour Le silence des termites, La Table Ronde.
50 000 EUROS. Alain Duménil a souhaité que le prix qui porte son nom soit le plus doté. Le montant aurait-il baissé à 35 000 euros ? Lauréat 2009 à l’unanimité : Charles Dantzig.
100 000 EUROS. LE LIVRE LE PLUS CHER Marilena Faerrari a racheté la maison d’édition FMR (Franco Maria Ricci) et mis en vente un superbe livre sur les sculptures de Michel-Ange. Il reste quelques exemplaires à acheter.
200 000 EUROS. Calixthe Belaya, a assigné en justice son ex, Michel Drucker. Elle lui réclame cette somme pour un livre non publié, constitué d’entretiens avec Régis Debray sur lequel elle aurait travaillé. L’animateur dément. Aucun contrat ne le prouve. La décision est mise en délibéré au 30 juin. Calixte serait-elle devenue nègre ?
60 ANS PLUS TARD. Une suite de L’attrape-Cœurs sortira fin juin en Grande-Bretagne. Caulfield en pensionnaire sénile d’une maison de retraite : tristouille. Salinger a fait interdire la publication du livre.
LES 3 BUZZ DE LA RENTREE. Fayard crée l’événement avec Mes illusions donnent sur la cour, de Sacha Sperling, 18 ans, fils de Diane Kurys. Une jeunesse désenchantée.
Deux romans choc chez Albin Michel : Les club des incorrigibles optimistes, de Jean-Michel Guenassia : les années mur de Berlin, guerre d’Algérie et Guide de l’incendiaire des maisons d’écrivains, de Brock Clarke.
007 : UNE VIPERE SUR LA TOILE. Elle dort beaucoup, mais quand elle se réveille, elle lâche son venin via son blog (vipère littéraire) sur Yann Moix, Patrick Besson, Christophe Girard, FOG… épargne Jérôme Garcin. Didier Jacob ? Trop à droite pour lui. Si vous savez qui se cache derrière le reptile, prévenez-nous.
Emmanuelle de Boysson
Philippe Delerm, Valéry Larbaud, 17 juin
17/06/2009Actus personnelles
Dimanche, j’ai du parcourir plus d’une vingtaine de livres de la rentrée et soudain, je me suis aperçue que, depuis une heure, je n’avais pas lâché celui de Philippe Delerm, Quelque chose en lui de Bartleby (Mercure). Une respiration. Les errances parisiennes d’un certain monsieur Spitzweg, - Spitz, le sommet et Weg, chemin en allemand - qui croise des bobos qui achètent des cerises plus chères qu’au marché de Saint-Ouen et lisent Libé rue de Buci. Sur son blog, il fait l’éloge de la lenteur, de la paresse. Malgré lui, l’employé de bureau devient une notoriété. Un auteur qui change de ces écrivains qui se la jouent et vous regardent avec un air compassé. Je lis le Journal de Valéry Larbaud (Gallimard) dont la première édition est parue en 1954 et 1955 et ne représentait qu’à peine la moitié du texte retrouvé et publié aujourd’hui. Il s’agit plutôt de différents journaux de 1901 à 1935. Certains passages sont en anglais. Le Journal dévoile la vie au quotidien de Larbaud, ses voyages en Italie, ses séjours à Vichy où son père était propriétaire des sources (Vichy Saint-Yorre). Observateur, curieux de tout, les détails, les scènes de rues, deviennent, sous sa plume poésie, reflet d’une époque où les femmes descendaient en cheveux au village, où on mettait son drapeau au balcon. Il donne ses horaires de travail, parle de ses lectures, de ses livres en cours, de sa santé fragile. Fou, d’Ulysse, il cotraduit le roman de Joyce qui paraît en 1929. En 1934, il craint de rencontrer Sylvia Beach, l’éditrice : « Comment (Joyce) n’a-t-il pas pu voir à quel point la B(each) et l’autre (Adrienne Monnier), l’ont exploité, mal et indignement traité, bafoué, dénigré, lui et sa femme et sa vie de famille (…). Et pendant tout ce temps-là, elles vivaient d’Ulysses ».
journal E2B 12 juin
12/06/2009Actus personnelles
Prix Marie Claire et le dîner des lilas girls
Désolée d'écrire vite, mais j'ai cinq papiers à faire, le problème avec les papiers, ce n'est pas tant la réadaction, mais la sélection des livres et leur lecture... qui prennent du temps.
Lundi, à l'hôtel Montalembert, il y avait le tout Marie Claire, mon cher journal auquel je collabore depuis au moins huit ans dans les pages livres: Jean-Paul Lubot, directeur général adjoint, Tina Kieffer, Béatrix de l'Aulnoit en compagnie de Philippe Alexandre ( auteurs d'une fabuleuse bio sur Anne d'Autriche) et Catherine Velle qui a organisé avec maestria cet événement. Mon rédac chef Fabrice Gaignault a remis le prix Marie Claire du roman de l'émotionà Emmanuel Carrère pour D'autres vies que la mienne, paru chez POL. . Carrère était là ainsi que les membres du jury : Anne Plantagenet, Evelyne Bloch Dano, Gilles Chenaille.... et les autres ( cf le dernier numéro pour tout savoir). Virginie Mouzat, coup de coeur du jury pour Une femme sans qualités est vraiment belle. PPDA en veste en velours décontracte a réussi un beau portrait de belle amie qui sort en août chez Grasset. Florian Zeller suggère que le jury lilas vote pour le chouchou de l'année, afin qu'un homme soit introduit dans notre gynécée. Les lilas'girls se retrouvent : Brigitte Kernel, Tatiana de Rosnay et Jessica Nelson... et ne se quittent jamais puisque j'ai invité toutes la bande à la maison le lendemain. Mon cher Claude-Henry du Bord boit une dernière coupe de champagne avec moi sur un canapé. C'est beau cet endroit, c'est feutré, luxe, calme et volupté. Et c'est tout près de chez moi. Le lendemain, armée d'une liste de courses, je file au G20 acheter des fruits et légumes, des boissons pour le dîner. Deux caddies pleins: penser au Fontainebleau, aux serviettes en papier, aux fleurs avec des pétales de roses... Ne pas oublier d'acheter le dernier Cd d'Arielle Dombasle à la Fnac, elle devrait venir... Rush, préparatifs express, j'attends vingt personnes. Le temps de me laver les cheveux, de malaxer le taboulé avec du cumin, du curry et tous les épices qui traînent dans la cuisine, d'allumer les bougies, de mettre du champ au frais... on sonne. Stéphanie, Brigiite, Agathe, puis Olivia, Jess, Tatiana.... arrivent avec des bouteilles des gâteaux. Amélie prend deux coupes de champagne car "on ne sait jamais ce que demain sera fait", Tatiana se met à danser, Adélaïde suit, Carole adore;
on se déhanche, on se balance, ça swingue pas mal entre nanas. Juliette Jourdan auteur du Choix de Juliette est notre chouchou : simple, gentille, elle doit se demander comment font toutes ces filles branchées lançées parisiennes pour être si sûres d'elles. Après le départ de Marie-Christine, de Stéphanie Hochet et de Brigitte, je reste seule avec Juliette. Elle se confie, elle me touche beaucoup par sa sincérité, son courage. Elle me parle de sa vie de garçon, de ses changements progressifs et je l'admire, l'incite à écrire. Il est une heure quarante, je mets les fraises au frigo, jette un dernier regard sur le salon, les cendriers pleins, les pétales de roses, les bouteilles vides: entre filles, on est bien, mais l'idée de Zeller fait son chemin. Les hommes finissent par nous manquer.
Lundi, à l'hôtel Montalembert, il y avait le tout Marie Claire, mon cher journal auquel je collabore depuis au moins huit ans dans les pages livres: Jean-Paul Lubot, directeur général adjoint, Tina Kieffer, Béatrix de l'Aulnoit en compagnie de Philippe Alexandre ( auteurs d'une fabuleuse bio sur Anne d'Autriche) et Catherine Velle qui a organisé avec maestria cet événement. Mon rédac chef Fabrice Gaignault a remis le prix Marie Claire du roman de l'émotionà Emmanuel Carrère pour D'autres vies que la mienne, paru chez POL. . Carrère était là ainsi que les membres du jury : Anne Plantagenet, Evelyne Bloch Dano, Gilles Chenaille.... et les autres ( cf le dernier numéro pour tout savoir). Virginie Mouzat, coup de coeur du jury pour Une femme sans qualités est vraiment belle. PPDA en veste en velours décontracte a réussi un beau portrait de belle amie qui sort en août chez Grasset. Florian Zeller suggère que le jury lilas vote pour le chouchou de l'année, afin qu'un homme soit introduit dans notre gynécée. Les lilas'girls se retrouvent : Brigitte Kernel, Tatiana de Rosnay et Jessica Nelson... et ne se quittent jamais puisque j'ai invité toutes la bande à la maison le lendemain. Mon cher Claude-Henry du Bord boit une dernière coupe de champagne avec moi sur un canapé. C'est beau cet endroit, c'est feutré, luxe, calme et volupté. Et c'est tout près de chez moi. Le lendemain, armée d'une liste de courses, je file au G20 acheter des fruits et légumes, des boissons pour le dîner. Deux caddies pleins: penser au Fontainebleau, aux serviettes en papier, aux fleurs avec des pétales de roses... Ne pas oublier d'acheter le dernier Cd d'Arielle Dombasle à la Fnac, elle devrait venir... Rush, préparatifs express, j'attends vingt personnes. Le temps de me laver les cheveux, de malaxer le taboulé avec du cumin, du curry et tous les épices qui traînent dans la cuisine, d'allumer les bougies, de mettre du champ au frais... on sonne. Stéphanie, Brigiite, Agathe, puis Olivia, Jess, Tatiana.... arrivent avec des bouteilles des gâteaux. Amélie prend deux coupes de champagne car "on ne sait jamais ce que demain sera fait", Tatiana se met à danser, Adélaïde suit, Carole adore;
on se déhanche, on se balance, ça swingue pas mal entre nanas. Juliette Jourdan auteur du Choix de Juliette est notre chouchou : simple, gentille, elle doit se demander comment font toutes ces filles branchées lançées parisiennes pour être si sûres d'elles. Après le départ de Marie-Christine, de Stéphanie Hochet et de Brigitte, je reste seule avec Juliette. Elle se confie, elle me touche beaucoup par sa sincérité, son courage. Elle me parle de sa vie de garçon, de ses changements progressifs et je l'admire, l'incite à écrire. Il est une heure quarante, je mets les fraises au frigo, jette un dernier regard sur le salon, les cendriers pleins, les pétales de roses, les bouteilles vides: entre filles, on est bien, mais l'idée de Zeller fait son chemin. Les hommes finissent par nous manquer.
journal E2B
08/06/2009Actus personnelles
Week-end à Trouville.
Un joli salon que celui de Trouville, à l'intérieur du Casino. Peu d'auteurs, mais tous bien traités. Apéro à la mairie, déjeuner au restaurant Les Quatre chats, dans une petite rue. Je vous conseille ce bistrot : le patron est fort aimable et la cuisine délicieuse : tartare de tomates, lotte au légumes confis et salade de fruits. A 14 h, Claude-Henry et moi, nous nous installons derrière notre stand où sont étalés les livres, dont Ami Amie. Claude s'avère un excellent vendeur, il aborde les personnes qui passent d'un : croyez-vous en l'amitié homme femme? Nous en sommes la preuve vivante! Et ça marche, nous avons beaucoup vendu y compris Daniélou et les bourgeoises qui fascinent toujours. Parmi les auteurs, Christine Orban, Tanguy Viel, ami de ma soeur Mathilde, Elisabeth Brami, François Cérésa - mon cher boss de Service littéraire qui vend ses numéros avec sa fougue habituelle, Isabelle Germain, Dominique Marny, mon amie Ariane Bois, René de Obaldia, 90 ans, bon pied bon oeil, Jérôme Garcin, fort sympathique, Pierre Boisard, du CNRS....
Malheureusement, la venue d'Obama, les élections, la finale de Rolland Garros retiennent le public qui s'avère limité, mais intéressé. Je reviendrai !
Ballade sur la promenade des planches vers Les Roches noires où se trouve la villa Persane où Proust aimait venir chez la princesse de Sagan. Je ne trouve pas l'appartement de Marguerite Duras qui doit se situer dans une de ces maisons à colombage, aux toits pointus, balcons en bois. Trouville avec son Casino où j'ai gagné 40 euros, son marché, ses chalutiers, ses goélands, ses petites boutiques comme celle de la Môme Suzette où une modiste, Mistrigris, vend des chapeaux et des bibis à l'ancienne, son bazard, ses restaurants dont La marine où on déguste des fruits de mer ou mieux, La petite bouffe près de la rue de la plage et de l'hôtel Saint James, Trouville me charme bien plus que Deauville où nous nous rendons par le bac. Ennui des planches, du Normandy , des boutiques de luxe, fric et vulgarité.
Lecture de l'Anne Plantagenet, très bon roman, assez dur, une sorte de conte.
A plus
E2B
Un joli salon que celui de Trouville, à l'intérieur du Casino. Peu d'auteurs, mais tous bien traités. Apéro à la mairie, déjeuner au restaurant Les Quatre chats, dans une petite rue. Je vous conseille ce bistrot : le patron est fort aimable et la cuisine délicieuse : tartare de tomates, lotte au légumes confis et salade de fruits. A 14 h, Claude-Henry et moi, nous nous installons derrière notre stand où sont étalés les livres, dont Ami Amie. Claude s'avère un excellent vendeur, il aborde les personnes qui passent d'un : croyez-vous en l'amitié homme femme? Nous en sommes la preuve vivante! Et ça marche, nous avons beaucoup vendu y compris Daniélou et les bourgeoises qui fascinent toujours. Parmi les auteurs, Christine Orban, Tanguy Viel, ami de ma soeur Mathilde, Elisabeth Brami, François Cérésa - mon cher boss de Service littéraire qui vend ses numéros avec sa fougue habituelle, Isabelle Germain, Dominique Marny, mon amie Ariane Bois, René de Obaldia, 90 ans, bon pied bon oeil, Jérôme Garcin, fort sympathique, Pierre Boisard, du CNRS....
Malheureusement, la venue d'Obama, les élections, la finale de Rolland Garros retiennent le public qui s'avère limité, mais intéressé. Je reviendrai !
Ballade sur la promenade des planches vers Les Roches noires où se trouve la villa Persane où Proust aimait venir chez la princesse de Sagan. Je ne trouve pas l'appartement de Marguerite Duras qui doit se situer dans une de ces maisons à colombage, aux toits pointus, balcons en bois. Trouville avec son Casino où j'ai gagné 40 euros, son marché, ses chalutiers, ses goélands, ses petites boutiques comme celle de la Môme Suzette où une modiste, Mistrigris, vend des chapeaux et des bibis à l'ancienne, son bazard, ses restaurants dont La marine où on déguste des fruits de mer ou mieux, La petite bouffe près de la rue de la plage et de l'hôtel Saint James, Trouville me charme bien plus que Deauville où nous nous rendons par le bac. Ennui des planches, du Normandy , des boutiques de luxe, fric et vulgarité.
Lecture de l'Anne Plantagenet, très bon roman, assez dur, une sorte de conte.
A plus
E2B
journal d'une écrivain journaliste speedée
05/06/2009Actus personnelles
la rentrée, quelques thèmes se dégagent, mais moi, j'ai envie d'écrire...
C'est marrant commme les auteurs pensent qu'ils sont seuls au monde et que j'ai tout mon temps pour lire leurs manuscrits. L'un d'eux m'envoie son texte avec vingt pages de plus écrites dans la l'efferversence d'une nuit où il s'est senti inspiré au point qu'il était "parmi ses mots", j'allais dire ses morts.
Ce matin, réunion avec Fabrice Gaignault et Gilles Chenaille pour préparer la rentrée Marie Claire - le numéro du 15 août. J'ai déjà reçu pas mal de jeux d'épreuves et me suis mise à en lire quelques-unes. Je commence même à avoir une vision d'ensemble. Dire que des thèmes se dégagent déjà serait hasardeux, mais les liens de famille reviennent, histoire de ses parents chez Anne Wiazemski, de son enfance - étonnant de la part de Sacha Sperling, 18 ans, fils de Diane Kurys et d'Alexandre Arcadie ( Fayard); Eliette Abécassis publie la saga de sa famille issue du Maroc et de l'Alsace - comme moi ( Albin); Amanda Davi crée un huis clos familial à la Mauriac version mauricienne; Sorj Chalandon évoque son père. Mais le plus remaqué sera Beigbeder avec son Roman français qui fera la Une et occupera pas mal de place. On trouvera des sujets très actuels, comme l'Arabe d'Antoine Audouard, dans le genre de l'Etranger, ; le Delphine de Vigan où une femme est broyée par lson entreprise. Elisabeth Barillé s'intéresse aux rapports entre la mode et la mort et dépeint le milieu cruel de la mode. Les romanciers puisent dans l'histoire leur inspiration, comme Laurence Plazenet ( une passion platonique au XIIIe), Anne de Plantagenet ou JM Guenassion ( les années mur de Berlin et Algérie). L'amour reste Le sujet, mais sous l'angle des passions destructrices, PPDA raconte une aventure qui semble assez auto biographique et peint le portrait d'une belle amie. David Foenkinos ne sort pas de l'univers conjugal, avec Délicatesse ( bien mais un peu trop lisse). Joncourt lui, se démarque avec L'homme qui ne savait pas dire non. Embêtant quand il est obligé d'accepter dix cafés le matin et qu'il donne à tous les clodos sur son chemin!
Chez Gallimard, Pascale et Isabelle nous reçoivent au soleil. Elles savent si bien donner envie.
Bon, je me remettrai à mes chères lectures demain, en attendant, je me plonge dans Tchéchov, je relis ses nouvelles, son Récit d'un inconnu, où il parle des petites gens avec une telle bonté. Et puis, je vais écrire, comme tous les jours et mardi je ferai lire mes vingt nouvelles pages à mon ami du Bord. Lui, au moins, sera indulgent et disponible.
Ce matin, réunion avec Fabrice Gaignault et Gilles Chenaille pour préparer la rentrée Marie Claire - le numéro du 15 août. J'ai déjà reçu pas mal de jeux d'épreuves et me suis mise à en lire quelques-unes. Je commence même à avoir une vision d'ensemble. Dire que des thèmes se dégagent déjà serait hasardeux, mais les liens de famille reviennent, histoire de ses parents chez Anne Wiazemski, de son enfance - étonnant de la part de Sacha Sperling, 18 ans, fils de Diane Kurys et d'Alexandre Arcadie ( Fayard); Eliette Abécassis publie la saga de sa famille issue du Maroc et de l'Alsace - comme moi ( Albin); Amanda Davi crée un huis clos familial à la Mauriac version mauricienne; Sorj Chalandon évoque son père. Mais le plus remaqué sera Beigbeder avec son Roman français qui fera la Une et occupera pas mal de place. On trouvera des sujets très actuels, comme l'Arabe d'Antoine Audouard, dans le genre de l'Etranger, ; le Delphine de Vigan où une femme est broyée par lson entreprise. Elisabeth Barillé s'intéresse aux rapports entre la mode et la mort et dépeint le milieu cruel de la mode. Les romanciers puisent dans l'histoire leur inspiration, comme Laurence Plazenet ( une passion platonique au XIIIe), Anne de Plantagenet ou JM Guenassion ( les années mur de Berlin et Algérie). L'amour reste Le sujet, mais sous l'angle des passions destructrices, PPDA raconte une aventure qui semble assez auto biographique et peint le portrait d'une belle amie. David Foenkinos ne sort pas de l'univers conjugal, avec Délicatesse ( bien mais un peu trop lisse). Joncourt lui, se démarque avec L'homme qui ne savait pas dire non. Embêtant quand il est obligé d'accepter dix cafés le matin et qu'il donne à tous les clodos sur son chemin!
Chez Gallimard, Pascale et Isabelle nous reçoivent au soleil. Elles savent si bien donner envie.
Bon, je me remettrai à mes chères lectures demain, en attendant, je me plonge dans Tchéchov, je relis ses nouvelles, son Récit d'un inconnu, où il parle des petites gens avec une telle bonté. Et puis, je vais écrire, comme tous les jours et mardi je ferai lire mes vingt nouvelles pages à mon ami du Bord. Lui, au moins, sera indulgent et disponible.
Ecrits et chuchotements
04/06/2009Actus personnelles
Parus dans service littéraire
GRAND JEU CHEZ GALLIMARD. A saluer : en septembre, la publication de sept premiers romans, dans toutes les collections. Les auteurs phares : Anne Wiazemski, Mon enfant de Berlin ; Elisabeth Barillé, Heureux parmi les morts ; Marie N’Dya, Pierre Péju, David Foenkinos, La délicatesse.
ROMAN FLEUVE. Patrick Besson refait sa rentrée chez Fayard avec Le fleuve tua l’homme blanc, son livre sur l’Afrique, sa nouvelle passion. Il est bien l’un des rares à s’y intéresser.
ATTENTION FRAGILE. De son côté, Lattès mise sur Passage des larmes, du Somalien Abdourahman A. Waberi et sur Fragile, de Delphine de Vigan, un roman sur les dérapages au boulot.
UN CHOUIA TROP BASANE. A L’Olivier, Antoine Audouard (transfert de Gallimard) sortira en août L’arabe, un immigré qui habite à la campagne et se trouve confronté au racisme ordinaire.
UNE RENTREE SANS SCOOP. Stock : Brigitte Giraud, Jean-Marc Parisis, Anne Plantagenet, Bernard Chapuis. Flammarion : Serge Joncour, Simon Liberati. Le Seuil : Eric Holder, Olivier Sebban, Pavel Hak, Lydie Salvayre, Marc Augé, Pascal Quignard.
NOUS PREND-ON POUR DES DEBILES ? Bonne nouvelle, les amis : des guides psy vont vous aider à Retrouver la confiance originelle qui est en vous – si tant est que vous l’ayez perdue ! (Norbert Vogel, Presses de la Renaissance). Avec Les autres et moi, d’Isabelle Filliozat, vous oserez aborder votre voisin, dire bonjour, Quoi dire quand, (du petit Néo qui fait du grand. Tous deux chez J-C Lattès). Et s’il suffisait de Remettre du rire dans sa vie, pour ne pas choper un cancer ? Ca se saurait ! (Corinne Cosseron, Robert Laffont).
MANUELS DES CASTORS JUNIORS. Ex and the city, d’Alexandra Heminsley, voudrait être « le » manuel de survie des filles larguées. Un S de moins que Sex and the city, une case de moins aussi (éd. Belfond). Jean-Baptiste Giraud, ancien scout, père de cinq enfants, collaborateur à Radio Notre-Dame publie Bécé branchés, guide pour bourgeois cathos (L’Archipel).
UN BRETON AU PARADIS. Après La puissance des corps, l’excellent Yann Queffelec publie en juin, chez Fayard, Eve et Adam, court roman sur un couple au bord de la crise de nerfs.
DEBRE DANS LE NOIR. Jean-Louis Debré réitère dans le polar avec Meurtre à l’assemblée. Cadavres sous l’hémicycle… Fantasme ou réalité ? (Fayard).
PETILLANTE DUCHESSE. Le prix Edmée de La Rochefoucauld a été attribué à Eric Green, fils de Julien, pour son premier roman : La Reconstruction (Actes Sud).
TOURNEE DES GRANDS DUCS. A chaque ville son salon (ou presque) : Saint-Louis 16/17 mai, Cosne-sur-Loire 30/31 mai, Metz 6/7 juin, Trouville 6 juin, Vannes, 20/21 juin, août : L’île aux Livres (Ile de Ré), La Forêt des Livres, de Gonzague Saint Bris, spécialiste de François 1er.
Emmanuelle de Boysson
ROMAN FLEUVE. Patrick Besson refait sa rentrée chez Fayard avec Le fleuve tua l’homme blanc, son livre sur l’Afrique, sa nouvelle passion. Il est bien l’un des rares à s’y intéresser.
ATTENTION FRAGILE. De son côté, Lattès mise sur Passage des larmes, du Somalien Abdourahman A. Waberi et sur Fragile, de Delphine de Vigan, un roman sur les dérapages au boulot.
UN CHOUIA TROP BASANE. A L’Olivier, Antoine Audouard (transfert de Gallimard) sortira en août L’arabe, un immigré qui habite à la campagne et se trouve confronté au racisme ordinaire.
UNE RENTREE SANS SCOOP. Stock : Brigitte Giraud, Jean-Marc Parisis, Anne Plantagenet, Bernard Chapuis. Flammarion : Serge Joncour, Simon Liberati. Le Seuil : Eric Holder, Olivier Sebban, Pavel Hak, Lydie Salvayre, Marc Augé, Pascal Quignard.
NOUS PREND-ON POUR DES DEBILES ? Bonne nouvelle, les amis : des guides psy vont vous aider à Retrouver la confiance originelle qui est en vous – si tant est que vous l’ayez perdue ! (Norbert Vogel, Presses de la Renaissance). Avec Les autres et moi, d’Isabelle Filliozat, vous oserez aborder votre voisin, dire bonjour, Quoi dire quand, (du petit Néo qui fait du grand. Tous deux chez J-C Lattès). Et s’il suffisait de Remettre du rire dans sa vie, pour ne pas choper un cancer ? Ca se saurait ! (Corinne Cosseron, Robert Laffont).
MANUELS DES CASTORS JUNIORS. Ex and the city, d’Alexandra Heminsley, voudrait être « le » manuel de survie des filles larguées. Un S de moins que Sex and the city, une case de moins aussi (éd. Belfond). Jean-Baptiste Giraud, ancien scout, père de cinq enfants, collaborateur à Radio Notre-Dame publie Bécé branchés, guide pour bourgeois cathos (L’Archipel).
UN BRETON AU PARADIS. Après La puissance des corps, l’excellent Yann Queffelec publie en juin, chez Fayard, Eve et Adam, court roman sur un couple au bord de la crise de nerfs.
DEBRE DANS LE NOIR. Jean-Louis Debré réitère dans le polar avec Meurtre à l’assemblée. Cadavres sous l’hémicycle… Fantasme ou réalité ? (Fayard).
PETILLANTE DUCHESSE. Le prix Edmée de La Rochefoucauld a été attribué à Eric Green, fils de Julien, pour son premier roman : La Reconstruction (Actes Sud).
TOURNEE DES GRANDS DUCS. A chaque ville son salon (ou presque) : Saint-Louis 16/17 mai, Cosne-sur-Loire 30/31 mai, Metz 6/7 juin, Trouville 6 juin, Vannes, 20/21 juin, août : L’île aux Livres (Ile de Ré), La Forêt des Livres, de Gonzague Saint Bris, spécialiste de François 1er.
Emmanuelle de Boysson
Michèle Lesbre
02/06/2009Actus personnelles
MODIANO MON AMOUR papier paru dans Service littéraire
Le complexe de Panurge pousse les éditeurs à tout publier à la rentrée. A quoi bon puisque les épreuves arrivent sur le paillasson des critiques dès juin ? Pourquoi ne pas éditer tout bonnement avant l’été ? Comme Beigbeder qui préféra sortir en juin 2007 Au secours pardon, dans l’espoir de devenir le best seller de la plage. Les membres des jurys auraient plus de temps pour lire – si tant est qu’ils lisent ! Reste que, sauf exception (Tierno Monenembo, prix Renaudot, publié par le Seuil en avril 2008), la dictature des prix s’impose comme un tocsin. A rebours du système, Michèle Lesbre (finaliste du Goncourt 2007 pour Le Canapé rouge) se démarque en lançant son petit roman Sur le sable, dès le mois de mai.
Les pérégrinations de sa narratrice en rupture de ban la conduisent près d’une plage, lieu central du roman. Elle vient de rompre avec Bernier, compagnon de promenades et conteur hors pair, a quitté son poste de veilleuse de nuit au Magic’hôtel, à Paris, emploi qui lui a au moins permis de relire tous les romans de Modiano. Du rivage, elle aperçoit les flammes d’un incendie. Un homme s’écrie au loin : « Tout va bien » ! Il a mis le feu à une maison où sa mère retrouvait son amant, un ancien de l’OAS, se souvient d’avoir assisté à la noyade d’une jeune fille proche. Entre ce « vieux gamin » et cette solitaire, deux monologues se croisent, en écho. Fatigués comme « deux vieux chevaux », ils passent au tamis les drames qui ont marqués leurs vies : les deuils, les années de plomb en Italie. Sur le sable pourrait être un pastiche des romans de Modiano, auteur bafouillant, tant Michèle Lesbre s’attache aux noms des rues, des lieux, allant même jusqu’à rebaptiser certains êtres qu’elle croise. Il n’en est rien : elle souligne avant tout la terrible influence des livres sur nos vies. Des scènes romanesques ne resurgissent-elles, par instant, dans les moments les plus intenses ? « Les livres pouvaient-ils prendre le pouvoir sur nos existences, les faire ressembler à ce qu’ils laissent en nous, des traces indélébiles parfois ? ». Une envoûtante réflexion sur la mémoire et la perte des êtres chers qui vous hante.
Emmanuelle de Boysson
Sur le sable, de Michèle Lesbre, éd Sabine Wespieser, 17 E, 148 p.
Les pérégrinations de sa narratrice en rupture de ban la conduisent près d’une plage, lieu central du roman. Elle vient de rompre avec Bernier, compagnon de promenades et conteur hors pair, a quitté son poste de veilleuse de nuit au Magic’hôtel, à Paris, emploi qui lui a au moins permis de relire tous les romans de Modiano. Du rivage, elle aperçoit les flammes d’un incendie. Un homme s’écrie au loin : « Tout va bien » ! Il a mis le feu à une maison où sa mère retrouvait son amant, un ancien de l’OAS, se souvient d’avoir assisté à la noyade d’une jeune fille proche. Entre ce « vieux gamin » et cette solitaire, deux monologues se croisent, en écho. Fatigués comme « deux vieux chevaux », ils passent au tamis les drames qui ont marqués leurs vies : les deuils, les années de plomb en Italie. Sur le sable pourrait être un pastiche des romans de Modiano, auteur bafouillant, tant Michèle Lesbre s’attache aux noms des rues, des lieux, allant même jusqu’à rebaptiser certains êtres qu’elle croise. Il n’en est rien : elle souligne avant tout la terrible influence des livres sur nos vies. Des scènes romanesques ne resurgissent-elles, par instant, dans les moments les plus intenses ? « Les livres pouvaient-ils prendre le pouvoir sur nos existences, les faire ressembler à ce qu’ils laissent en nous, des traces indélébiles parfois ? ». Une envoûtante réflexion sur la mémoire et la perte des êtres chers qui vous hante.
Emmanuelle de Boysson
Sur le sable, de Michèle Lesbre, éd Sabine Wespieser, 17 E, 148 p.
Profil
Emmanuelle de Boysson
Ecrivain (auteur de dix livres dont Le secret de ma mère, Le secret des couples qui durent, aux Presses de la Renaissance, J'ai Lu ; Les grandes bourgeoises et Les nouvelles provinciales, chez J-C Lattès), journaliste à Marie Claire, votrejournal.net, Fémi 9, Service littéraire et Présidente du Prix Lilas.
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