Fruits et légumes

17/08/2010

Actus personnelles

paru dans Marie Claire


Fruits et légumes

Dix ans après Camille (Prix Décembre 2000), Anthony Palou nous revient enfin et nous livre des Fruits et légumes cueillis dans le jardin de ses souvenirs d’enfance. Emigré espagnol venu vendre sa soupe mallorquine à Quimper, son grand-père se fait une place dans le crachin breton. Son père, hélas ! n’a pas le virus des primeurs. La déferlante des hyper marchés entraîne la faillite de son petit commerce et l’acharnement des huissiers. Malgré les drames, les amours contrariées, le déclassement, Palou a l’élégance de la légèreté, de l’autodérision, l’art de ressusciter par les odeurs, les couleurs un monde disparu, (l’Espagne sous Franco, les halles de Quimper…), de croquer les petites gens avec la bonté d’un Tchekhov. Tout est infiniment tendre, drôle et triste à la fois. Ce romancier de la fin des illusions, styliste ultra sensible, mélange sur sa palette ironie et réalisme, à nous faire monter les larmes aux yeux. Il est sans conteste une des plus belles plumes de la rentrée. A déguster de toute urgence.
Emmanuelle de Boysson
Fruits & légumes, d’Anthony Palou, Ed. Albin Michel, 14 E.


Queffélec l’admirable a toujours aimé les aventuriers, les pirates. Sa plume l’emporte en Somalie où, depuis le passage du tsunami en 2004, une bande de jeunes livrés à eux-mêmes vit sur une plage du Jubaland. Raf et Zou, frères ennemis, sont chefs de clans rivaux. Ils aiment Tiana, l’infirmière qui voudrait accoucher en France. Pour elle, Zou s’apprête à aborder un des cargos européens qui vident de leurs les poissons les eaux territoriales. Mais où trouver six cents dollars pour le passeur ? Un grand roman sur les oubliés où Queffélec dénonce le néocolonialisme rampant. Une histoire d’amour tendre et impossible illumine ce thriller qui vous tient en haleine.
E. de B.

Les sables du Jubaland, par Yann Queffélec, éd Plon, 20 E.

chronique paru ds BSG news magazine


Qu’ils soient numériques, sur Ipod, portable ou clef USB, rien ne vaut la sensualité du papier d’un livre choisi que l’on ouvre sur un banc, que l’on annote au crayon. Je ne suis pas assez calée pour me lancer dans une analyse sur la place des livres dans la culture, en revanche je sais que celle de la littérature se réduit comme peau de chagrin dans la presse. Tous les matins, je découvre une pile de livres en tous genres devant ma porte. Ils sont comme des amis que je recevrai dans mon salon et à qui je n’aurai pas le moindre verre à offrir. Et pourtant, j’en lis le plus possible, toujours avec le même appétit. Aussi, ai-je préféré vous faire partager mes coups de cœur du printemps puisque j’ai la chance d’avoir de la place à BSG News magazine.

Comment survivre en entreprise avec des collaborateurs stressés, jaloux, planqués devant facebook ? Que faire quand votre chef vous menace de chômage à la moindre erreur ? Dans Tu m’envoies un mail, paru chez privé, Emmanuelle Friedman, nous livre son expérience : édifiant, bourré d’humour. Catherine Briat, directrice de la communication de Radio France, a osé aborder un sujet délicat et actuel. A la fin de sa vie, Pierre vit un dernier amour avec Marie et retrouve le goût de vivre. Bouleversant (Le dernier rendez-vous, Plon). Pour son second roman, Catherine Fug raconte les tribulations d’une mère juive : Ah si j’étais goy (Plon). Des scènes truculentes où une mère juive est confrontée à ses enfants qui exigent un retour aux traditions. Catherine Salez, qui vit à l’île de Ré, s’est lancée dans un monologue en en vers : Pitié pour Anna Lö, (Alphée). Une tragédie moderne où une femme crie sa colère et son désespoir avec des accents poignants. Un texte original et beau qui prend aux tripes.

La poétesse et romancière Vénus Khoury-Gatta nous plonge dans l’univers de deux femmes venues assister à la conférence de l’écrivain, Saint-Gilles. Mathilde est sa veuve. Soumise, Anne reste auprès d’elle, dans son gîte rural et découvre Zohra, clouée dans un fauteuil roulant. Elle apprend qu’elle est sa demi sœur et l’ancienne maîtresse de Saint-Gilles. Poétique et cru (La fille qui marchait dans le désert. Mercure de France). La mort et le désir vont souvent de pair. Brigitte Kernel évoque avec pudeur comment, après la mort de l’amante de Léa, la narratrice est peu à peu troublée et attirée par cette femme en deuil ( Fais-moi oublier, J’ai lu). Stéphanie des Horts raconte avec brio le fabuleux destin d’une petite Flamande devenue l’impératrice des bijoux Cartier. Passionnant. (La panthère, Lattès). Les années soixante soixante-dix, la route : Mary Maison relate la Génération Peace and Love (Séguier) et ses expériences extrêmes dans un voyage initiatique vécu avec passion.
Saluons la collection de romans historiques dirigée par l’éditeur, Guillaume Robert, chez Flammarion. Les lecteurs en sont fous ! Le dernier ouvrage est celui de Michel Riou, 1658, L’éclipse du roi soleil. Il nous entraîne dans l’Affaire des poisons où se débat Nicolas de la Reynie, le premier lieutenant de police du royaume. Haletant.

A l’occasion du 11e anniversaire des bombardements de Belgrade par l’OTAN, du 30e anniversaire de la mort de Tito, Jean-Christophe Buisson rédacteur en chef des pages Culture du Figaro magazine et grand spécialiste des Balkans, réussit une chronique de l’amitié franco-serbe à travers ce Roman de Belgrade, à la fois pèlerinage dans l’histoire et invitation au voyage (Editions du Rocher)

. On retrouvera avec bonheur le style élégant comme un galop léger de Jérôme Garcin, dans L’Ecuyer mirobolant (Gallimard) : « Monter n’était plus alors une activité physique, c’était une pensée pure, un acte de soi », écrit-il dans cette réflexion magnifique d’un écuyer. Après son Dictionnaire de Littérature à l’usage des snobs, Fabrice Gaignault, journaliste à Marie Claire, poursuit sa galerie des stars hollywoodiennes dont il a la nostalgie. Dans la peau d’un profiler, il a enquêté pendant deux ans pour retrouver les protagonistes d’une affaire criminelle en plein cœur d’Hollywood. Claudine Longet, une danseuse française devenue une chanteuse américaine, entretient une liaison avec Spider, un champion de ski. La passion s’achève dans les neiges d’Aspen (Colorado) quand le 21 mars 1976, Claudine tue son amant. Accident ou meurtre prémédité ? L’Amérique se passionne pour ce crime au dénouement inattendu. Fou du rock, Fabrice Gaignault, attentif aux échos d’une époque, réussit une quête de vérité saisissante. (Aspen Terminus, Grasset).

Le célèbre dramaturge français, Antoine Rault, raconte l’histoire d’un adolescent intelligent qui fait tout pour attirer l’attention de sa mère mal aimante. Un superbe roman d’apprentissage, un portrait inoubliable d’un garçon solitaire, en quête d’amour ( Je veux que tu m’aimes, Albin Michel). L’académicien, Frédéric Vitoux remonte au plus loin de sa mémoire familiale à travers une longue conversation, enquête presque policière sur la « Belle époque ». Touchant et très intéressant (Grand hôtel Nelson, Fayard). Directeur et fondateur de Service littéraire, un journal sans langue de bois fait par des écrivains auquel collabore Frédéric Vitoux, François Cérésa s’est amusé à écrire un polar : Petit papa Noël ( Pascal Galodé) où des copropriétaires se révèlent affreux, sales et méchants ! Le style inimitable de ce fan des Hussards. Autre hussard, Yann Moix. L’écrivain et cinéaste défend Polanski, accusé, trente-deux ans après, de pédophilie par un justice américaine intraitable. « :Polanski n’est pas seulement coupable d’être coupable, mais accusé d’être accusé », écrit Moix indigné dans La meute, (Grasset) Un coup de gueule salutaire ! Un petit bijou que ce coiffeur de Chateaubriand, d’Adrien Goetz (Grasset). Histoire d’amour, de jalousie, de minétisme, évocation d’un grand écrivain et tout le talent d’un auteur, grand spécialiste de l’art.

Morgan Sportès est un écrivain à part. Proche de Guy Debord, la langue de bois n’est pas sa tasse de thé. Après L’appât, (Seuil) et Ils ont tué Pierre Overney (Grasset), il a publié en janvier, Un aveu de toi à moi, (Fayard). Son roman est la rencontre entre un jeune journaliste à Police magazine, étudiant à Paris VII et Rubi, le père de sa petite amie, qui lui raconte son parcours atypique. En 1936, Rubi est partisan des républicains espagnols, avant de s’enrôler dans la résistance, puis au STO, avant la SS. Il déserte ; rattrapé, il subit une parodie d’exécution. Incarcéré à Dachau-Allach, il renfile l’uniforme SS… A travers ce destin d’un paumé, Sportès nous offre une réflexion brillante sur la complexité de l’histoire et la puissance des idéologies sur les faibles. Dans Maos (Grasset), déjà, il stigmatisait nos intellectuels soixante-huitards stipendiés par la CIA.

Au moment où Solde est réédité chez Flammarion, lisez Une saison avec Bernard Frank, de Martine de Rabaudy (Flammarion), on y découvre cet homme délicieux, raffiné, bon vivant, amical, loin des coteries, dernier rescapé d’une génération d’écrivains disparus.

Emmanuelle de Boysson

NOUS, LES BONS VIVANTS
Ras le bol des rabat-joie


Emmanuelle de BOYSSON- Claude-Henry du BORD
Parution : 23 Avril 2010

Ils en ont plus qu’assez , les bons vivants, d’être montrés du doigt par les grands prêtres de la pensée unique !
Assez d’être désignés comme les cancres d’une société pusillanime qui élève la prohibition généralisée au rang de morale absolue !
Assez d’être condamnés à rester au coin, avec un bonnet d’âne, mauvais sujets, mauvais citoyens !
Assez de devoir supporter les névroses des gouvernants qui condamnent, ex cathedra, ceux qui s’adonnent, dans une semi-clandestinité , à des plaisirs désormais coupables : fumer pour partager un moment de convivialité gratuite ; boire pour oublier la morosité ambiante et faire danser les papilles ; parler sans avoir à tourner sept fois sa langue dans sa bouche, de peur de dire une phrase qui entrainerait le versement de dommages et intérêts à quelques frileux, racornis , à l’affût du moindre faux pas .
Le doux paradis des amateurs , par bonheur, n’est pas celui des pourfendeurs , des rigoristes, des sectaires, des censeurs !
Puisse notre art de vivre en convaincre plus d’un et dissuader et dissoudre à terme cette minorité qui nous opprime au lieu de nous laisser en paix !
Une fois pour toutes, le bon vivant est le dernier avatar du dissident dans une société qui fait semblant d’ignorer qu’elle dérive vers le totalitarisme moral !

LES AUTEURS :
Emmanuelle de Boysson : Présidente du Prix de la Closerie des Lilas , collabore à plusieurs magazines tels que Marie-Claire ou VSD . Elle est l’auteur de nombreux essais et romans .

Claude-Henry du Bord : est Directeur littéraire des Cahiers Bleus. Poète, essayiste, philosophe , il est aussi traducteur du domaine Polonais et membre du jury du Prix Européen de Littérature .
Ils ont co-écrit : « Ami-Amie pour la vie « en 2009 aux Editions du Rocher .
Attachée de Presse : Colette MANNE : 06.24.58.16.18
colette.manne.rocher@ddbeditions.fr







Actus personnelles

ECRITS ET CHUCHOTEMENTS et Sarah Chiche




BIS REPETITA. Alina Reyes a perdu son procès contre Yannick Haenel. Lors de la sortie de « Cercle », elle l’accusait de s’être nourri de « son œuvre ». Un véritable délire parano contre Haenel qui répliqua : « Elle se sert de mon roman pour essayer de faire parler du sien ». A son tour Claude Lanzmann accuse Haenel d’avoir parasité les propos tenus par Jan Karski dans Shoah. Il lui reproche son immaturité, ses « paraphrases », et la « falsification de l'histoire et de ses protagonistes ». Haenel s’interroge sur la coïncidence entre cette attaque et la rediffusion de Shoah sur Arte « Ne serait-ce pas un moyen de se faire un peu de pub gratos ? ». Dommage que les propos de la défense Haenel se répètent un peu.

B. B. B. BHL, Banier, Botul même combat ! Chacun tente de profiter des coups de projecteur pour qu’on parle d’eux. Le dernier, malgré lui, via Frédérique Pages, le bienheureux. Chapeau à Aude Lancelin, seule journaliste, à avoir lu BHL et à avoir su détecter la bourde. On dit que la vengeance du nègre est de planquer une boule puante dans un texte.

NAISSANCES. Les maisons d’édition sont comme les bourgeons : ça pousse de partout. Deux ex de Lire, Jean-Maurice de Montremy, écrivain, journaliste et Catherine Argan fondent « Alma ». Olivier Delavault crée « Indiens de Tous Pays - OD Éditions ». Il donnera la parole à ce qu’il reste de ces éradiqués. 1er bébé en mars : Nuage rouge, témoignage d’un chamane, comme un écho à Partition rouge, de Delay et Roubaud.

HORS SERIE : Le Serpent à Plumes publie une revue sur les richesses de la culture haïtienne. Parmi les auteurs: Dany Laferrière, Yannick Lahens, Emile Ollivier, Louis-Philippe Dalembert. Tous ont fait partie de cette maison, car : « Quand tout tombe, il reste la culture ». (Les bénéfices iront à l'hôpital de la Communauté Haïtienne).

LE PRIX DE LA CLOSERIE DES LILAS sera remis le 8 avril. Parmi les membres du jury 2010 : Julia Kristeva, Justine Lévy, Audrey Pulvar, Daphné Roulier, Anne Consigny, Adélaïde de Clermont-Tonnerre, Elisabeth Barillé, Clara Dupont-Monod et le jury permanent. Nous les femmes…
E. de B.


Le poids Chiche

Elle est sur facebook. Ses infos persos : auteur de L’inachevée, étudiante en psychologie clinique et en psychopathologie (my god !) ; un mémoire sur « la mélancolie et le démoniaque » ; directrice de la collection L’attrape-corps à la Musardine, conseillère littéraire free-lance et lectrice pour les éditions Florent Massot. Elle trouve encore le temps d’être fiancée, de rêver à Johan Faerber et d’« adorer » le roman d’Adélaïde de Clermont-Tonnerre. L’emprise est l’histoire d’une thérapie « séduction-épuisement-isolation-obnubilation ». Ca promet. La narratrice passe d’un divorce au cabinet de Victor Grandier, un vieil imposteur doublé d’un marlou de première. Elle vient de la part de ses parents. Le psy se vante de ses succès, vend sa méthode d’avant-garde. Elle se laisse embobiner, se coupe de ses amis, cesse de lire, de manger, va même jusqu’à se déshabiller devant le « thérapeute » qui la harcèle de coups de fil. Le filet se resserre autour de l’ablette. A 90 E le quart d’heure, à la 18 ème séance, la patiente a dépensé 22 300 euros ! « C’est peu pour vous offrir une nouvelle vie », rassure le psy. Argument digne d’un scientologue. Page 128, on en est à la 62 000 euros. Page 133, à 70 400 euros. Avec Sarah Chiche, c’est comme au Schmilblic, le gain augmente quand personne ne trouve la réponse. Séance « accueil des émotions », séance « retour à l’enfance », séance « respiration », séance « cri primal »… Tout ça pour renaître à soi-même, mais plumée. Coût de la cure : 184 000 euros. A ce prix-là, il y a de quoi devenir dingue (il fallait déjà l’être pour continuer) ! Au lieu d’écrire l’adaptation d’un cas clinique sur l’emprise démoniaque, Sarah Chiche devrait relire Les possédés ou Le journal d’un fou, mais tout le monde n’est pas Dostoïevski ou Gogol. Cet étouffe-chrétien est du reste dédié « Au chien ». Qu’il en fasse des boulettes maison...

L’emprise, de Sarah Chiche, éd Grasset, 14, 90 euros, 180 p.
Emmanuelle de Boysson

Actus personnelles

Première sélections de l’académie Lilas pour les trois prix qui seront remis le 8 avril 2010 à la Closerie des Lilas

Lilas de l’éditrice :

- Liana Lévi (éditions Liana Lévi)
- Véra Michalsky (Groupe Libella : Noir sur Blanc, Phébus, Buchet Chastel)

Pour tout savoir sur elle :
http://www.telerama.fr/livre/21953-l_h__riti__re.php
http://www.nouveleconomiste.fr/Portraits/1359Michalski.html
http://www.lexpansion.com/economie/vera-michalski_18055.html
et plein d’articles encore (L’hebdo, Point de vue … )

- Anne-Marie Métailié (éd. Métailié)
- Isabelle Gallimard (Mercure de France)
- Isabelle Laffont (Lattès)



Lilas de l’attachée de presse :

Brigitte Béranger (Lattès)
Claudine Lemaire (indépendante)
Elodie Deglaire (Grasset)
Soizic Molkou (Flammarion)
Brigitte Semler (Belfond)



Lilas de la libraire

Nathalie Iris (Mots en marge, 11 pl Liberté 92250, La Garenne Colombes .01 42 42 85 56)
Michèle Chadeisson (Librairie Texture, 94 avenue Jean Jaurès 75019 Paris 01 42 01 25 12)
Diane Schittenhelm, L’Escale littéraire, 120 Boulevard du Montparnasse 75014 Paris,
01 43 20 63 70
Anne Martelle librairie martelle, 3 r Vergeaux 80000 AMIENS, tel : .03 22 71 54 54
Marianne Ferrer Le grenier d’abondance, 38 r Auguste Moutin 13300 SALON DE PROVENCE
.04 90 58 36 40
Maya Flandin, Vivement dimanche, 4 r Chariot d'Or 69004 LYON, 04 78 27 44 10

Actus personnelles

Communiqué de presse –11 mars 2010
DEUXIEME SELECTION DU PRIX LILAS 2010
Les membres du jury du Prix Lilas 2010 se sont réunis mercredi 10 mars à la Closerie des Lilas.
Jury 2010 : Elisateth Barillé, Anne Consigny, Adélaïde de Clermont Tonnerre, Justine
Lévy, Julia Kristeva, Clara Dupond Monod, Véronique Ovaldé, Audrey Pulvar, Daphné
Roulier
Jury permanent : Emmanuelle de Boysson (présidente du jury), Tatiana de Rosnay (viceprésidente),
Carole Chrétiennot, Jessica Nelson, Stéphanie Janicot.

Une deuxième sélection a été établie

Yasmine Ghata, Les muettes, Fayard
Kéthévane Davrichewy, La mer noire, Sabine Wespieser
Cloé Korman, Les Hommes-couleurs, Seuil
Véronique Bizot, Mon couronnement, Actes sud
Alizé Meurisse, Roman à Clefs, Allia
Elisabeth Filhol, La Centrale, POL


Le Prix Lilas 2010 sera remis lors de la soirée des Prix de la Closerie des Lilas,
le 8 avril 2010 à partir de 20h00.

Le Prix Lilas a pour originalité de couronner une romancière de langue française dont
l’ouvrage paraît à la rentrée de janvier. La vocation de ce prix est de promouvoir la
littérature au féminin. Le Prix Lilas 2009 a été décerné à
L’Académie Lilas, formée des membres des jurys 2007, 2008 et 2009, rendra hommage
aux métiers du Livre en décernant les Lilas du Livre : Le Lilas de l’éditrice, le Lilas de
l’attachée de presse, le Lilas de la libraire.

http://prixlilasblog.over-blog.com/article-28609812.html>
http://www.myspace.com/prixlilas
La lauréate sera l’invitée privilégiée de la Closerie des Lilas pour une année, pour un montant
de 3 000 euros.
La Maison Montblanc liée à l'écriture depuis ses origines, remettra à la lauréate du Prix Lilas un stylo
plume Edition limitée Ingrid Bergman, corps en résine noire, capuchon en laque couleur nacré guilloché,
ornée d’une améthyste, plume en or, en hommage aux femmes, des femmes célèbres, entreprenantes,
passionnées, des femmes comme la gagnante du Prix Lilas.
Fidèle à ses racines féminines et d’avant-garde, la Maison Veuve Clicquot Ponsardin qui décerne le
Prix Veuve Clicquot de la Femme d’Affaires depuis 1972, est très fière d’être associée à la nouvelle
édition du Prix littéraire réservée aux auteures. La lauréate se verra remettre un jéroboam de la Grande
Dame, cuvée de prestige de la Maison. Ce divin nectar viendra également couronner son succès.
Contact presse :
Marie Jacquier
06 13 54 60 12
jacquier@bureaujm.com

Actus personnelles

Claude-Henry du Bord et Emmanuelle de Boysson
« Nous, les bons vivants.
Raz le bol des rabat joie »






Editions Le Rocher, 23 avril 2010


Nous vivons dans un monde de plus en plus puritain, jalonné d’interdits : de fumer, de boire de l’alcool, de manger trop gras, trop salé, trop sucré, de dire ce qu’on pense, d’utiliser sa voiture, de gaspiller de l’électricité… Cancer, réchauffement climatique, manque d’énergie, inondations… L’Etat et les prédicateurs ne cessent de nous faire peur au point que nous sommes passés à une morale de privation, d’ascèse où le politiquement correct est érigé en loi, au lieu de profiter des plaisirs simples de la vie. L’homme du XXIe siècle veut durer d’autant plus vieux qu’il se sera toute sa vie privé de Havane, de confit, de rognons sauce Madère, d’Armagnac, de faisan arrosé de Nuits-Saint-Georges… Peut-être finira-t-il centenaire, mais sans rien pouvoir transmettre de la joie que procurent ces « excès » fortement déconseillés. Avons-nous tous envie de mener une vie sinistre ? Pourquoi ce glissement, ce renversement ?
Cet essai grand public et polémique se veut un coup de gueule ! A partir de la vie de grands artistes et personnages bons vivants (Dumas, Balzac, Flaubert, Churchill…), nous nous interrogeons sur les causes de cette crainte de vivre : influence du néo-puritanisme américain, culpabilité, inculture, désinformation, stress, écologie militante, malbouffe, influence de scandales alimentaires, mais aussi toute puissance de l’Etat. Nous montrons que cette nouvelle religion conduit à des aberrations, des dérives, des outrances, qu’elle favorise un marché juteux et qu’elle a des répercussions sur nos comportements (ségrégation des fumeurs, affiches sans cigarettes…). Cette réflexion permettra de se demander pourquoi le bon vivant n’incarne plus un exemple à suivre et de montrer, par des témoignages de contemporains (restaurateurs, personnalités), qu’il existe aujourd’hui un retour aux plaisirs de la bonne chère, du bon vin et de la convivialité que ces plaisirs suscitent.



Première sélections de l’académie Lilas pour les trois prix qui seront remis le 8 avril 2010 à la Closerie des Lilas

Lilas de l’éditrice :

- Liana Lévi (éditions Liana Lévi)
- Véra Michalsky (Groupe Libella : Noir sur Blanc, Phébus, Buchet Chastel)

Pour tout savoir sur elle :
http://www.telerama.fr/livre/21953-l_h__riti__re.php
http://www.nouveleconomiste.fr/Portraits/1359Michalski.html
http://www.lexpansion.com/economie/vera-michalski_18055.html
et plein d’articles encore (L’hebdo, Point de vue … )

- Anne-Marie Métailié (éd. Métailié)
- Isabelle Gallimard (Mercure de France)
- Isabelle Laffont (Lattès)



Lilas de l’attachée de presse :

Brigitte Béranger (Lattès)
Claudine Lemaire (indépendante)
Elodie Deglaire (Grasset)
Soizic Molkou (Flammarion)
Brigitte Semler (Belfond)



Lilas de la libraire

Nathalie Iris (Mots en marge, La Garenne Colombes)
Michèle Chadeisson (Librairie Texture, 94 avenue Jean Jaurès 75019 Paris)
Libraire de Chartres
Escale littéraire, 120 Boulevard du Montparnasse 75014 Paris

Et, déjà sélectionnées, l’an dernier :
Anne Martelle Amiens
Le grenier d’abondance, Salon de Provence
Maya Flandin, Vivement dimanche, Lyon


Le salon d’Emmanuelle

Comme les Précieuses dans leurs ruelles, je reçois tous les matins allongée sur mon lit. Mes invités s’assoient selon leur rang sur des crapauds, des chaises, des tabourets ou les carreaux. Les cavaliers s’appuient à la balustrade et nous conversons, nous parlons de poésie, nous jouons aux bouts-rimés, au cœur volé, à la chasse à l’amour. Mes invités ont l’élégance de déposer devant ma porte leurs dernières créations, lettres, billets doux, libelles ou mazarinades. Certains de ces cadeaux sont empoissonnés. Quand la couverture vante : un million d’exemplaires vendus, je me méfie. Ce n’est ni le poids ni les chiffres encore moins la médiatisation qui font la qualité d’un texte. J’ai plutôt tendance à privilégier les maigres, les discrets, ceux qui sentent le bon fumet. C’est à travers « La blessure et la soif », que Laurence Plazenet (Gallimard) m’est apparue comme une amie, que mon cœur s’est emballé pour « Le moins aimé », de Bruno de Cessole (La Différence), deux auteurs qui se coulent merveilleusement dans une langue raffinée, celui que je retrouve dans « Ecris-moi si tu m’aimes encore », (Bayard), une correspondance amoureuse entre deux inconnus. Pourquoi aujourd’hui tant de livres inutiles et bâclés ? En compagnie de mon cher cardinal de Retz, je suis une frondeuse, la complice d’Arhénice, de Ninon de Lenclos, de Melle de Scudéry ou de madame de Sablé ces initiatrices de l’art pour l’art, folles de La Carte du Tendre et du mariage à l’essai. Mais ce siècle a ce qu’il mérite : la platitude de ses petits marquis, l’étalage indiscret de vertus supposées ou d’actes que la morale réprouve et surtout la fadeur sans nom d’une inculture généralisée.
Emmanuelle de Boysson

Actus personnelles

Le nouveau jury tournant du Prix de la Closerie des lilas se compose d’Audrey Pulvar, de Daphné Roulier, de Justine Levy, d’Anne Consigny, de Clara Dupont-Monod, de Julia Kristeva, de Véronique Ovaldé, d’Adélaïde de Clermont-Tonnerre et d’Elisabeth Barillé auxquelles s’ajoute le jury permanent (les fondatrices : S. Janicot, T. de Rosnay, C. Chrétiennot, J. Nelson et E2B). Avant la première réunion, le 20 janvier, nous avions décidé d’éliminer les romans de romancières trop médiatisées. A quoi sert un prix littéraire si ce n’est de mettre en lumière un auteur peu connu ? Le jury a donc lu tous les romans de femmes qui sortent entre janvier et mars (au moins une quarantaine de textes !). Notre liste, trop longue pour l’instant (17 romans), n’est pas officielle.



• Yasmine Ghata, Les muettes, Fayard
• Kéthévane Davrichewy, La mer noire, Sabine Wespieser
• Cloé Korman, Les Hommes-couleurs, Seuil
• Véronique Bizot, Mon couronnement, Actes sud
• Emmelene Landon, La tache aveugle, Actes sud
• Valentine Goby, Des corps en silence, Gallimard
• Fabienne Kanor, Anticorps, Gallimard
• Alizé Meurisse, Roman à Clefs, Allia
• Véronique Olmi, Le premier amour, Grasset
• Elise Fontenaille Les Disparues de Vancouver
• Valérie Zenatti, Les Ames Soeurs, L'Olivier
• Jakuta Alikavazovic, Le Londres Louxor, l'Olivier
• Elisabeth Filhol, La Centrale, POL
• Emmanuelle Pagano, L'Absence d'oiseaux d'eau, POL
• Julie Grelley, Anges, Albin Michel
• Pascale Gautier, les Vieilles, Joelle Losfeld
• Violaine Gillibert, L’écharpe blanche, Mercure de France

paru in BSG NEWS MAGAZINE



Marc-Edouard Nabe s’est longtemps saboté. Il a même écrit un livre qui s’appelle : Je suis mort. Son œuvre est une roulette russe. Il a écrit des chef-d’œuvres : on se souvient du Régal des vermines, paru chez Barrault en 1985. Couverture noire. Quel bordel il a mis dans le petit monde littéraire sur le plateau d'Apostrophes. Une bande de zélateurs le désigna comme notre nouveau Céline. Ce n’était pas complètement faux. A l’époque, il habitait rue de la Convention. Son voisin était un poète qui avait l’air de tenir sur pilotis : Michel Houellebecq. Il écrivait des poèmes genre désespéré. Nabe le regardait descendre ses poubelles. On connaît la suite. Les pilotis étaient plus solides que prévu. Un vrai bombardier. Le début du Vingt-septième livre, préface à la réédition du Régal résume la situation : « Je suis un loser, ce qu’on appelle un écrivain à insuccès, une sorte de worst-seller… J’ai complètement raté mon destin d’écrivain. J’ai écrit vingt-six livres inutiles : personne ne les a lus, ou si peu. Flops sur flops ». Alors que celui qui descendait mollement ses poubelles, en face, allait vendre des milliers d’exemplaires de deux ou trois romans encensés par une mystérieuse critique.
Il y a un an, les éditions le Dilettante ont eu l’excellente idée de rééditer trois petits textes : Nuage, La Marseillaise et la préface du Régal. La Marseille est un modèle du genre. Billie Holliday, un exercice de haute volée d’admiration sublime. On se souvient aussi de ses sublimes textes de the Elonious Monk.
Ce passionné de littérature, de Jazz, de peinture, de femmes et de lui-même, n’a pas publié depuis six ans. Après les quatre volumes de son Journal intime, Nabe se contentait de vivoter grâce à sa peinture et à sa guitare. Mais il faut toujours se méfier des serpents qui dorment. Le trublion des lettres vient de faire un putsch. Après 27 livres édités aussi bien chez Gallimard qu'au Dilettante, il auto-publie son nouveau roman : L'homme qui arrêta d'écrire. Un véritable pied de nez à l’édition. « J'en ai assez des éditeurs blasés et des libraires boycotteurs. J'ai imprimé mille exemplaires de ce roman, qu'on ne pourra commander que sur ma plate-forme, marcedouardnabe.com. Au lieu de toucher mes misérables 10 % de droits d'auteur, désormais, je serai à 70 % », déclare-t-il à l’Express (30% à l’imprimeur). Nabe se fout de vendre beaucoup : avec le peu qu’il vendra, il gagnera plus qu’en touchant un maigre avaloir (les tarifs sont à la baisse) et 10 % de droits d’auteurs. Le prix de son roman de sept cent pages ? 28 euros – à peu près le prix du dernier Sollers. Vous pouvez le commander dès le 14 janvier, vous recevrez un livre avec une couverture élégante, papier bouffant, sans code-barres ni mention du prix. De quoi s’agit-il ? Au cours d’une ballade dans le Paris des années 2000, Nabe tape sur Facebook, les boîtes échangistes, les conspirationnistes du 11 septembre, le milieu littéraire : BHL, Beigbeder, Philippe Katerine, Pierre Lescure... Risque-t-il un procès ? A suivre. En tous cas, aucun éditeur ne l’a censuré.
Nabe va plus loin : il a réussi – ce qui n’est pas de la tarte – à récupérer les droits de 22 de ses livres la plupart publiés aux Editions du Rocher. « Je me suis retourné contre eux et j'ai récupéré la propriété éditoriale de tous mes livres, car il n'existait pas le moindre contrat écrit, mes relations avec Jean-Paul Bertrand ayant été fondées sur la parole », raconte-t-il à L’Express qui précise que « Brigitte Bardot a achevé de convaincre les juges : la star révélait dans une lettre que c'était Nabe qui l'avait mise en relation avec les Editions du Rocher, dont elle allait assurer la fortune avec un livre de souvenirs vendu à plus de 200 000 exemplaires... Mieux encore : la maison a accepté de livrer au romancier les stocks restants de tous ses livres (…) Nabe, de surcroît est parvenu à arracher les droits de Je suis mort, jadis publié par Gallimard, et de son fameux Régal des vermines. "Je les mets bien entendu en vente sur ma plate-forme, jubile-t-il. Surtout, je peux les rééditer quand je veux." »
De là à ce que Marc Levy, Bernard Werber, Christine Angot ou Houellebecq se mettent à l’imiter, l’édition ne serait plus ce qu’elle est, ma bonne dame. L’auteur serait enfin maître à bord, il publierait ce qu’il veut, comme il veut et gagnerait des fortunes. Nabe est sûrement le premier d’une longue série d’écrivains qui en ont raz le bol de se faire gruger et que leurs livres ne restent que trois semaines sur les piles des libraires. Evidemment, pour gagner plus en travaillant moins, il vaut mieux être connu. Mais cette initiative pourrait bien marquer le début de la fin des intermédiaires. Seuls les livres resteront.
Emmanuelle de Boysson







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Emmanuelle de Boysson
Emmanuelle de Boysson
Ecrivain (auteur de dix livres dont Le secret de ma mère, Le secret des couples qui durent, aux Presses de la Renaissance, J'ai Lu ; Les grandes bourgeoises et Les nouvelles provinciales, chez J-C Lattès), journaliste à Marie Claire, votrejournal.net, Fémi 9, Service littéraire et Présidente du Prix Lilas.







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