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WALL-E : un film 100% Pixar, entre extrapolation futuriste et overdose de réalité...
par F. Ivergneau
Le pitch : « Esseulé, perdu sur une Terre polluée et funeste, WALL-E, un petit robot vaillant, s’évertue inlassablement à remplir la tâche qui lui incombe : nettoyer la planète. Résigné à son triste sort, un événement heureux lui fit rencontrer : EVE, un robot féminin, pour qui notre fée du logis automate bravera tous les dangers… »
A vouloir brasser large, contenter le maximum de clients en proposant plusieurs degrés de lecture à chaque sortie numérique et s’en mettre, de ce fait, plein les poches, les Pixar finissent par devenir des apatrides, des algorithmes en perte d’identité, le réalisme confondant de certaines séquences tuant progressivement le côté ludique et enjoué des Disney d’autrefois. Plus vraiment pour enfants et pas vraiment pour adultes, ces œuvres deviennent des inclassables, au mauvais sens du terme. WALL-E est un récit heurté, souffrant d’un manque de fluidité qui déstabilise désagréablement le cinéphile. Subir un exercice de synthèse aux dialogues épurés s’apparente vite à une longue traversée de l’ennui. Ne nous leurrons pas, le succès de « Ratatouille » est en grande partie dû à une joute verbale soignée. Ici, exit !
La poésie revendiquée est anéantie par l’appât philosophique et ses relents à la Kubrick (L’odyssée de l’espace), une extrapolation « futuresque » : la pollution, l’asservissement à la technologie, dissolvant littéralement l’esprit nourricier, l’amourette robotisée ! Un film qui a du mal à se positionner, à trouver son créneau, son fil conducteur… alors WALL-E, t’es qui toi ?
Le manque d’originalité qui touche le 7ème art américain pousse les têtes chercheuses (scénaristes) à se vautrer parfois dans des adaptations éhontées ou à exploiter de plus en plus la fibre émotionnelle, voire le subliminal de leurs patients. Puiser des références enfouies dans l’inconscient pour les grands et appâter avec une bande annonce tapageuse les petits, un gage de fidélité… L’abc du marketing, quoi ! Film : WALL-E Réalisateur : PIXAR - Andrew Stanton Fabien Ivergneau (Namur, Belgique)
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