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Rocky Balboa : pas de ride sur les biceps de Sylvester Stallone

Mélange de philosophie de comptoir et de flashes back nostalgiques, cet ultime Rocky est un retour aux sources gagnant...



Rocky Balboa : pas de ride sur les biceps de Sylvester Stallone
Cela faisait 17 ans que l’étalon italien n’avait plus franchi les cordes d’un ring de boxe. Une longue traversée le conduisant aux commandes d’un restaurant où il abreuve les clients de ses histoires d’uppercuts et de crochets légendaires. Une nouvelle vie marquée par le décès de son épouse Adrian et de l’éloignement de son gamin, un fils ne supportant plus de vivre dans l’ombre de son illustre père. Mais un boxeur reste un boxeur, une passion qui ne l’a jamais vraiment quitté, un feu bouillonnant l’invitant à défier le champion des lourds actuel, Mason Dixon, cogneur sans charisme. C'est le combat des générations, dont l’enjeu apparaît bien différent pour chacun des pugilistes.

Il y a de ces hommes, de ces films sur lesquels on a du mal à porter un jugement, ou à élaborer une critique constructive. Parlons tout d’abord de Sylvester Stallone lui-même, personnage atypique au demi faciès (il souffre d’une paralysie partielle du visage) mais à la volonté intacte, se construisant dans la haine de son père et la tyrannie de sa mère. Un émigré italien qui s’est nourri petit des fréquents « tu n’es qu’un bon à rien ! » proférés par son géniteur, mais qui parvient néanmoins, à l’instar de son personnage fétiche (Rocky), à surmonter son infortune du départ.

Photo © Mary Ann Owen
Photo © Mary Ann Owen
« Prendre des coups, mais se relever tout de suite ! », une philosophie de comptoir que l’on retrouve à profusion dans l’itinéraire cinématographique de cet homme à la mâchoire d’acier. Abuser de sa plume trempée de fiel afin de stigmatiser son adversité faciale au détriment d’une œuvre, il est vrai, toute relative, serait toutefois plus que déplacé, tant il a créé chez le public un véritable engouement. Il y a parfois de ces coups de cœur qui ne s’expliquent pas, qui se vivent tout simplement !

Une épopée « Balboa » pas toujours de bonne facture, je le répète, un peu à l’image des trois derniers volets dont seul le cinquième suscita le reniement et l'autocritique du maître lui-même ! Une fin indigne, selon Sylvester, pour ce personnage qui lui avait offert ses lettres de noblesse dans le monde du septième art. Une dernière aventure qui devait dès lors sceller à jamais la légende de ce boxeur, d’une manière plus respectueuse, dans les mémoires collectives.

Retrouver l’esprit nourricier des deux premiers épisodes, juste l’essentiel : un homme, une vie, une passion, un espoir… Moins de fioritures techniques, d’images tape à l’œil, une caméra à l’épaule, des plans intimistes et des dialogues tangibles suffisent amplement. Retrouver ce songe symbolisant jadis le rêve américain, où un boxeur maladroit mais au courage de buffle s’était élevé au rang d’icône de tout un peuple...

Fabien Ivergneau (Mons, Belgique)

Film : « Rocky Balboa »
Réalisateur : Sylvester Stallone
Acteurs Principaux : Sylvester Stallone, Burt Young, Antonio Carver



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