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Jeudi 9 Février 2012
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République 'antidémocratique' du Congo : Joseph Kabila nous inquiète !



Kabila changera-t-il ? Hum...
Kabila changera-t-il ? Hum...
Malgré les beaux discours et belles déclarations d’intention faits depuis son investiture jusqu’à aujourd’hui, le président Joseph Kabila Kabange est loin de rassurer ses compatriotes quant à la sincérité de ses propos.
C’est l’opinion du commun des Congolais qui ne voient pas comment le chef légitimé par les élections (sic) pour le moins contestées, peut réellement se défaire de ses habitudes de gestion calamiteuse (cinq ans que ça dure...). En effet, tout démontre clairement ses intentions de pérenniser ses actes de la période de transition, des actes répréhensibles fort décriés par la population congolaise et par la communauté internationale.
Pour soutenir cette affirmation, nous brandissons les rapports des commissions parlementaires Bakandeja et Lutundula sur le plan interne, et le rapport des Nations-Unies sur le plan international. Les mêmes causes produiront les mêmes effets : nous ne voyons pas comment Kabila peut, en travaillant avec les mêmes personnes habituées aux pillages, à la corruption, bref aux antivaleurs dénoncées par les trois rapports fiables cités ci-haut, changer subitement.
La démocratie est un mot mal connu en République Démocratique du Congo. Bien qu'il signifie loi de la majorité, pour les Congolais, elle veut surtout dire gestion transparente et non impunité. Il faut donc mettre en place des mécanismes de contrôle fiables et clairement acceptables pour rassurer tout le monde et surtout, bannir la corruption et l’impunité qui sont devenues monnaie courante dans ce pays.

Boulimie politique

le président devant l'AMP
le président devant l'AMP
L’élection du bureau définitif de l’Assemblée Nationale est le premier fait qui a attiré l’attention des observateurs suivant de près le processus d'installation des institutions de la 3è République naissante.
Les analystes trouvent que l’écrasante victoire de l’Alliance pour la Majorité Présidentielle (AMP), qui a raflé tous les postes du bureau de l’Assemblée, a terni l’image de cette grande et importante institution nationale qui, relève-t-on, n’a pas le caractère de représentativité car plusieurs provinces du pays (Equateur, Nord-Kivu, Kasaï-Occidental, Province Orientale) n’y sont pas représentées.
Du côté de l’opposition, on parle plutôt d’une boulimie politique de la part de l’AMP qui fait que l’Assemblée Nationale est devenue monocolore. Cette situation écrasant des partis minoritaires et l’exclusion des ressortissants de certaines provinces, sont l’œuvre de la corruption et de la forte pression faite sur les élus du peuple par leurs chefs de partis respectifs - lesquels ont agi en véritables « pères fondateurs » en donnant des consignes de vote strictes et exécutoires, assorties de menaces d’exclusion.
Cela revient à dire qu’il y a absence totale d’esprit démocratique, pourtant clamé et déclamé telle une ritournelle. De quoi douter du changement des mentalités de ces chefs tout puissants qui écrasent les faibles. C’est bien dommage, car de l’écrasement de la masse silencieuse on est passé aux députés élus qui, aujourd’hui - au niveau national ou provincial - nous donnent la nette impression de n'avoir été élus que pour servir de marchepied aux ayants droit.

La recréation continue

Gizenga, le Premier ministre
Gizenga, le Premier ministre
L’élection au second degré des sénateurs et autres gouverneurs de provinces et vice-gouverneurs par les députés provinciaux fut, pour tout observateur, un véritable scandale et une grande honte pour la démocratie congolaise. La corruption doublée des intimidations de toutes sortes furent les armes les plus utilisées pour l’élection.
Les candidats corrupteurs se sont dénoncés eux-mêmes publiquement en réclamant le remboursement de leur argent et autres biens tandis que les députés corrompus ont été traqués et ridiculisés publiquement pour la restitution de l’argent et des biens (motos, télévisions, groupes électrogènes, costumes, chaussures …)
Cette situation a provoqué des affrontements sanglants qui ont coûté la vie à une centaine des personnes - civils et policiers compris - dans les villes de Moanda, Boma, Matadi (pour ne citer que celles-là), où la population a manifesté contre la corruption flagrante des députés.
Il est claire que le discours de Kabila lors de son investiture, lequel proclamait la fin de la recréation en promettant un Etat de droit, la lutte contre la corruption, la réinstauration de la justice, la consolidation de l’unité nationale et la reconstruction du pays, ne constituait que la pire démagogie. Kabila et son Premier ministre Antoine Gizenga sont loin de tenir les promesses. Joseph Kabila Kabange est incapable de changer son cabinet politique, et Antoine Gizenga vient de former un gouvernement qui est loin de répondre aux attentes des Congolais malgré sa taille éléphantesque : 59 membres dont 6 ministres d’Etat, 33 ministres et 20 vice-ministres !...

Richard Kabamba (Lucerne, Suisse)


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