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Prix Roger Nimier, prix Vaudeville, prix Madame Figaro, etc. : quand on aime, on ne compte pas !



Prix Roger Nimier, prix Vaudeville, prix Madame Figaro, etc. : quand on aime, on ne compte pas !
Course aux prix littéraires, suite... Pour les écrivains, c'est Noël tous les jours, avec double bonus avant les vacances d'été ! Ainsi, tout récemment : le prix Roger Nimier, le prix Nice Baie des Anges, le prix Vaudeville, le prix Madame Figaro, le prix Marcel Pagnol et le prix Duménil… Pour Votre Journal, Emma 2 B était chaque fois présente, et vous raconte tout... Avant de vous donner rendez-vous aussi pour le prix de l’île de Ré en août !

Comme il n’y a pas encore un prix par auteur, il faut se dépêcher, augmenter la cadence : deux, trois par jour, c’est encore trop peu ! Qui dit mieux ? En ce mois de juin, on dirait que, par une crise de boulimie des plus compréhensibles après un hiver au régime, un dernier feu d’artifice de prix a été donné par une bande de joyeux drilles qui fit pétarader des fusées jusqu’au bouquet final.

Jean-Marc Parisis © D. Balicki
Jean-Marc Parisis © D. Balicki
Lundi : Parisis décroche le Nimier
Tout commence par le 45è prix Roger Nimier Pour ceux qui l’ignorent, Nimier fut un beau romancier, un critique en vue, un infatigable lecteur, éditeur chez Gallimard à temps perdu, scénariste dilettante, défenseur d’écrivains maudits pour avoir « collaboré », comme Céline, Chardonne ou Morand. Il mourut dans un accident de voiture le 28 septembre 1962 sur l’autoroute de l’Ouest à peu près à la même époque que James Dean sur la route 66. Il allait avoir 38 ans. Depuis dix ans, il n’avait rien publié et achevait son dernier roman « D’Artagnan amoureux ». L’image du mousquetaire le hantait comme un idéal physique et moral.
Après un cocktail où je ne suis pas allée par flemme, les mousquetaires qui ont pris la relève étaient tous invités chez Corinne Ricard autour du lauréat, Jean-Marc Parisis, pour son roman « Avant, pendant, après », paru chez Stock, le cinquième de l’auteur de « Depuis toute la vie » (Grasset, 2000) et de « Physique » (Stock, 2005). Une histoire plutôt autobiographique. Depuis un an, Jean-Marc semblait ailleurs ; il vivait son roman, me confia même qu’il était au bord du gouffre dès que partait la jeune femme qui occupait ses journées et ses pages. Mais il suffisait qu’elle revienne pour qu’il se lasse. Je la vis même à l’occasion d’un mariage, elle ressemblait trait pour trait à la description contenue dans le roman : “Je m’en souviens comme si c’était hier, d’un hier qui ne serait pas séparé d’aujourd’hui par la nuit. Accoudée au balcon, elle fumait en passant une main dans ses cheveux. La première fois que je l’ai vue, je ne l’ai pas vue, je l’ai aimée de dos. Je savais que lorsqu’elle se retournerait, ce serait pire. Blonde avec des traits de brune. Ses yeux brillaient d’une lumière mystérieuse et familière qui semblait venir du fond de l’enfance. Son visage n’avait pourtant rien d’enfantin, il signalait l’enfance sans la retenir. Elle me regardait, elle regardait ailleurs. Elle portait un vague danger, avec cet air d’en savoir trop et pas assez.
Corinne Ricard reçoit merveilleusement. Pendant le déjeuner, Philippe Tesson s’interroge sur les œuvres théâtrales qui restent actuelles. L’œuvre de Paul Claudel est indémodable, celle de Giraudoux ne passe plus. Destins d’écrivains ! Tesson ne manque certes pas de charme, délicieusement grisonnant, hussard élégant, son esprit d’à-propos fait pétiller ses adversaires d’un soir, à dix-neuf heures trente-quatre sur i-télé dans « N’ayons pas peur des mots ». Il incarne à lui seul la droite décomplexée. A l’heure du café, Michel Déon, académicien français, allume un cigarillo songeant peut-être à son ami Nimier. Je m’étonne toujours que ce gentilhomme raffiné prenne le temps de sortir de sa retraite pour des agapes mondaines. Jean-Marie Rouart, autre académicien, Patrick Besson, Didier van Cauwelaert, tous trois membres du jury, sans oublier les journalistes rédacteurs en chef : Marie-Christine Imbault (Livres Hebdo), France Cavalié (Télé 7 jours), Marie-Françoise Leclerc (Le Point), Adélaïde de Clermont-Tonnerre (Point de Vue)... qui ont du mal à quitter cette maison hors normes. Je pars la dernière. Sur le pas de la porte, Jean-Marc Parisis s’aperçoit qu’il a fait une faute par inadvertance en rédigeant sa dédicace à Corinne Ricard. Il a écrit « perpétrez » au lieu de « perpétuez ». C’est toute la différence qui sépare un crime de la prison à vie.
Face à la liste des lauréats, je remarque que la seule femme qui eut l’honneur de recevoir le prix Nimier fut Marie-Claire Pauwels, en 2003, pour «Fille à papa» (Albin Michel).

Didier Van Cauwelaert
Didier Van Cauwelaert
Mardi : avec le Figaro, rebelote pour Anne Wiazemski ! Et Van Cauwelaert ? Il est aux Anges... et au Pagnol.
A la remise du prix de l’héroïne de Madame Figaro, à l’hôtel Raphaël où Eric Neuhoff (rédac chef culture Madame Figaro) m’a gentiment invitée, Anne-Florence Schmitt, directrice de la rédaction, juchée sur ses talons en vernis noirs, prend la parole avec un enthousiasme débordant. Neuhoff annonce le choix du jury : le prix du roman est décerné… à Anne Wiazemski pour « Jeune fille », paru chez Gallimard. Notons juste que la romancière reçut depuis le 7 mars 2007 le prix Lilas, puis le prix Freustié et le prix Paris-Match à Arcachon… No comment ! Quant au prix de l’essai, il revient à Dominique Bona, pour « Camille et Paul » (Grasset) qui vient d’être couronné par le magazine Elle.
13 heures, je prends un taxi pour le restaurant Laurent où a lieu un déjeuner à l’occasion du prix Nice Baie des Anges 2007 décerné à Didier van Cauwelaert pour son roman « Le père adopté » (Albin Michel). L’auteur dédie évidemment le prix à son père. Autour d’une immense table, je retrouve Adélaïde de Clermont-Tonnerre, entre Jean-Marie Rouart, président du jury et l’éditeur Richard Ducousset, mais aussi Paule Constant, Irène Frain, Franz Olivier Giesbert, Marc Lambron et Raoul Mille, respectivement membres du jury ainsi que Jérôme Béglé de Paris Match, Pierre Vavasseur du Parisien, Bruno de Cessole de Valeurs actuelles… De retour d’Iran, Pierre-Jean Rémy, de l’Académie française, s’éclipse très vite.
Je fais part à mon voisin, Mohammed Aïssaoui, du Figaro littéraire, de mon idée de remettre… un prix de rentrée avant l’heure : le 10 août et à l’île de Ré ! A l’initiative de Joschi Guitton, chargé des droits étrangers chez l'éditrice Sabine Weispisser, le salon du livre de l’île de Ré est parrainé par PPDA, Madeleine Chapsal et moi-même. Emballé, Mohammed accepte de faire partie du jury. Je vous le disais, plus il y aura de prix, plus nous arriverons à satisfaire auteurs et éditeurs.

Philippe Djian
Philippe Djian
Mercredi : Vaudeville pour Djian on the rock
Deux prix le même soir : on progresse ! Comme je n’ai pas encore le don d’ubiquité, je ne peux me rendre au Fouquet’s à la remise du prix Marcel Pagnol dont le lauréat est Didier van Cauwelaert (qui vient de recevoir aussi le prix Nice Baie des Anges). Dominique Guiou, du Figaro littéraire, me raconte ces instants sous l’égide de Pagnol. Créé en 2000 par une admiratrice de l’œuvre de Pagnol, Floryse Grimaud, née à Aubagne comme l’auteur de « Marius », présidé par Jacqueline Pagnol et Daniel Picouly, ce prix récompense chaque année un livre sur le thème des souvenirs d’enfance. Goncourt en 1994, scénariste et musicien, Didier van Cauwelaert a été récompensé à plusieurs reprises (prix Roger Nimier, prix Del Duca, grand prix du théâtre de l’Académie française, Molière du meilleur spectacle musical…). « Je ne suis pas blasé et je ne comprends pas pourquoi les auteurs le seraient lorsqu’ils reçoivent une récompense littéraire. Ce prix Marcel Pagnol me touche vraiment », affirme-t-il avec un large sourire. Dans « Le Père adopté » Didier van Cauwelaert raconte des aventures à la gloire de son père, René, avocat à Nice, homme touchant et excentrique, et revisite les moments enchantés de son enfance, sans jamais se départir de son sourire. «Je ne pleure pas mon père, je le ris » résume-t-il dans une jolie formule.
Je file à la brasserie Vaudeville, place de la Bourse. Ce prix du même nom, dont le groupe Flo est le mécène, est l’un des plus « rock’n’roll », comme l’écrit Vavasseur dans Le Parisien. Le jury a choisi de saluer Philippe Djian pour «Doggy Bag, saison 4» (Julliard). Il y a foule. Impossible de boire une coupe. J’attends une éclaircie pour me jeter sur le buffet d’huîtres. Comme tous les ans, François Armanet, rédac chef au Nouvel Obs, président du jury et Fabrice Gaignault, rédac chef culture à Marie Claire, se mettent frénétiquement à la guitare au point que Fabrice en a les doigts en sang. L’arrivée de Raphaël qui accorde trois chansons à une assemblée de groupies en liesse, dont les plus jolies filles de l’édition qui ont fait le déplacement, en mini paillettes ou vinyl. On peut être sexe et intello à la fois ! Dans l’assemblée, je salue le Goncourt, Patrick Rambaud, papote avec Gilles Martin-Chauffier, rédacteur en chef à Paris Match (pressé de partir en vacances écrire son roman de la Bretagne), embrasse Tina Kieffer, directrice de la rédaction à Marie Claire et écoute mes copines attachées de presse qui m’en apprennent beaucoup sur la rentrée littéraire.
Marc Lambron, membre du jury (que je ne quitte plus depuis trois jours), s’absente un moment pour se rendre au concert des Who. Guillaume Durand, l’animateur d’Esprits libres, lui a refilé son billet. A son retour, Marc n’a plus qu’une idée en tête : jouer du tambourin ! Sacré rocker !

Emmanuel Carrère
Emmanuel Carrère
Jeudi, prix Duménil : Carrère russe et riche !
Bouquet final ! Le dernier né des prix littéraires et le mieux doté (60 000 euros), est le prix Duménil décerné cette année à Emmanuel Carrère pour son déjà célèbre «Roman russe» (Editions P.O.L.), à l’Hôtel Montalembert par l’homme d'affaires, mécène et ami des arts et des lettres, Alain Duménil. Le jury, volontairement très restreint, n’est composé que de quatre membres : Stéphane Denis, Eric Neuhoff, Marie-Claire Pauwels et Pascal Thomas.
Je commente l’événement avec Adélaïde de Clermont-Tonnerre qui signe un papier dans Point de vue où elle pose la question : que feriez-vous si vous gagniez 60 000 euros ? Brigitte de Roquemaurel, responsable de la communication des prix Nimier, Nice Baie des Anges et Duménil, offrirait un voyage à ses amis, son assistante les placerait, Adélaïde ferait des cadeaux, Adrien Goetz (dont j’ai aimé L’Intrigue à l’anglaise paru chez Grasset) les donnerait à une œuvre de rénovation des petites églises de France. Et vous ? Pierre Vavasseur, toujours en forme, prend des notes, comme à son habitude. Valérie Gans me reparle de « Charity biznesss » (Payot), son prochain roman. François Cérésa qui a autant de corps qu’un Romanée Conti parle évidemment de sa Bourgogne chérie qu’il vient de célébrer dans un livre récemment paru aux éditions du Rocher. J'échange quelques propos avec madame Duménil. Elle a sûrement de l’influence sur nos quatre mousquetaires. Au fond, ce sont eux les plus proches de Nimier. A quatre, il y a moins de divergences, moins de temps perdu ! « On déjeune entre hommes, on ne parle jamais de livres et on remet un prix à un ami », me disait l’autre jour le membre d’un jury, un rien provocateur. Chaque auteur devrait se décerner un prix, comme l’a compris la très innovante Elisabeth Reynaud, créatrice du prix Bel Ami qui attribua la palme... à Elisabeth Reynaud soi-même ! On n’est jamais mieux servi que par... !
Le pire n’est-il pas qu’il existe un prix Léautaud alors que le grand écrivain plaça toute sa vie son honneur à refuser ceux qu’on lui décernait ? Tout le monde n’a pas la classe et le culot de Sartre refusant le Nobel sous prétexte qu’un écrivain ne doit jamais être une institution. Même topo pour Julien Gracq qui ne voulut pas du Goncourt. Les temps ont bien changé puisque le plus insipide des écrivaillons court après des lauriers pas même bons à assaisonner une blanquette ! Mon ami Claude Henry du Bord qui vient de publier « La philosophie » chez Eyrolles, me dit toujours : « Je veux qu’on me lise, pas qu’on me couronne ! »

Vendredi : aïe !
Dentiste et séance massage, l’horreur et les délices !

Serge Scotto, qui avait présenté son chien Saucisse à l'élection présidentielle de 2002
Serge Scotto, qui avait présenté son chien Saucisse à l'élection présidentielle de 2002
Samedi et dimanche : des femmes, des hommes, un chien...
Le salon du livre de Metz nommé L’été du livre à Metz a, lui aussi, son prix : le prix Marguerite Pulh-Demange, patronné par Gaz de France au même titre que le Crédit Lyonnais patronne le Tour de France. Couronné du jour : Didier Le Pêcheur pour « Les Hommes immobiles » (J-C Lattès). Un roman où les héros de fiction bousculent le réel. Sous d’immenses chapiteaux, sauna plus inconfortable que délassant. Malgré les élections (législatives, ce coup-ci) et la finale de Roland Garros, le public est présent. Catherine Laborde, journaliste à France 2 signe « La douce joie d’être trompée » (éd. Anne Carrière). Un pur chef d’œuvre de délicatesse, de style et de retenue. Un débat sur les destins de femmes entre Macha Méril (« Sur les pas de Colette »), Frigide Bardot (« Manuel de la femme moderne ») et Catherine Barry (« 108 perles de sagesse du Dalaï Lama »), toutes aux Presses de la Renaissance, et Tatiana de Rosnay (« Elle s’appelait Sarah », éd. Héloïse d’Ormesson) tourne à l’empoignade ! Dominique Fernandez, auteur de « Sentiment indien » (Grasset), participe à une table ronde consacrée aux expéditions indiennes avec Christine de Rivoyre, auteur de « Archarka » (Grasset). Ariane Chemin et Raphaëlle Bacqué, auteurs de « La Femme fatale » (Albin Michel) attendent avec anxiété le procès que leur intente le couple Hollande Royal (150 000 euros demandés, peut-être pour payer l’ISF ?). Et soudain, par une souterraine et vacharde association d'idées, je me dis : je sais pourquoi les socialistes ont perdu les élections : ils manquent non seulement de programme mais surtout d’humour ; Janine Boissard qui a déjà publié une trentaine de livres, m’annonce la sortie en janvier de son prochain roman. « On ne sait jamais : pour le prix Lilas ! » Prendre garde : à force d’avancer les pions, on risque de trop vite user l’échiquier.
Les salons chapiteaux ont je ne sais quoi de la tente de cirque et d’une expo de comices agricoles. En somme, tout pour réjouir Gustave Flaubert ! Avant de s’évanouir pour cause de déshydratation, je suggère à tout collègue pressé d’aller siffler une bière fraîche, et de tout faire pour que sa pile de bouquins diminue à vue d’œil. Aveu : J’ai une tendance marocaine pro du souk qui me sert à être efficace : je dis bonjour avec une banane phénoménale, j’alpague, je rebondis sur la petite réflexion du badaud lâchée en passant, je lui tends mon livre, je l’intéresse, je l’accapare, je le séduis, je l’invite à lire la quatrième ( il se dérobe rarement, les gens sont gentils), j’insiste sur le fait qu’il n’est pas obligé d’acheter, et du coup, il se croit obligé de me faire plaisir. L’affaire est dans le sac, la bière toute proche. Parfois, des couples que je crois longue durée se connaissent depuis huit jours ; j’ai droit à toutes les confidences. Moralité : les gens ont besoin de parler et plus encore, d’être écoutés. Auto-promo, suite... Frédérik, le coiffeur chic et choc, offrira « les Grandes bourgeoises » (Lattès) à ses clientes, un type formidable ; Adèle, « Le secret de ma mère à sa fille » (Presses de la Renaissance), Marie, « Le secret des couples qui durent »… à son jules dans l’espoir que ça l’engage à réfléchir. Le secret de longévité ? Ils le connaissent tous : « les engueulades, les concessions… » et j’en passe, mais dès qu’ils sourient, c’est gagné.
L’auteur le plus entouré de la journée ? Saucisse. Je ne plaisante pas, je parle du chien, auteur de « La gloire de Saucisse » qui, honneur sans égal, dédicace ses livres en compagnie de son maître, Serge Scotto (éd. Jigal Poche). Un type remarquable qui parle couramment canin puisqu’il a transcrit les propos de son compagnon lequel trempe sa papatte dans l’encre en guise de dédicace. Compagnon poilu qu'il a par ailleurs présenté aux élections présidentielles en 2002, avec un programme militant contre la vie de chien des chiens, et des autres... Mais la vedette incontestée du salon est le TGV qui nous ramène en 98 minutes à Paris ! Ratiboisée, la journaliste E2B !

Emmanuelle de Boysson

Les autres articles d'Emma 2 B : ici.

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