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Oui, nous sommes des bons vivants, et alors ?Emmanuelle de Boysson, journaliste, romancière, et aujourd'hui pamphlétiste... Oui, cette femme pourtant fort bien élevée pousse un cri ! Et qui plus est, à table ! Car Emmanuelle - et son ami Claude-Henry du Bord - en ont marre. Marre du conformisme ambiant nous interdisant de manger ci ou ça, de fumer la moindre cigarette, et d'aborder ne serait-ce que l'ombre du début d'un des 25,2 millions de sujets tabous qui brident nos conversations comme nos pensées. Dans leur succulent essai 100% revigorant, « Nous, les bons vivants (Ras le bol des rabat-joie) » publié aux éditions du Rocher, ces deux auteurs inspirés résistent avec humour et bon sens aux diktats normalisateurs de notre société bien pensante. On peut ne pas être d'accord avec tout ce qu'ils écrivent, mais ne chipotons pas, et rejoignons sans attendre les rangs de ces résistants du plaisir !
Elle a poussé son salutaire coup de gueule sur RMC, France Info et autres médias. Mais il restait à Emmanuelle quelques décibels pour en faire profiter également Votre Journal...
Oui, nous, les bons vivants, nous qui aimons profiter de la vie, des bons repas bien arrosés, où on blague, on a son franc parler, on fume, nous en avons ras le bol des rabat joie, ras le bol de la morosité ambiante, du puritanisme, de la langue de bois. Sous prétexte de protéger notre santé, l’Etat et les grands prédicateurs de l’apocalypse, comme Nicolas Hulot ou Yann Artus Bertrand, font régner la peur. La peur de tout, d’ailleurs : des maladies, des catastrophes naturelles, du chômage, de l’avenir : tout ça pour nous imposer un nouvel ordre moral avec toute une gamme d’interdits en s’appuyant en plus sur des études chiffrées, pseudo scientifiques. Interdit de fumer, de boire de l’alcool. On n’arrête pas de culpabiliser les fumeurs, on les exclue, on les dénonce, comme des coupables, des nuisibles. Interdit de manger trop gras trop salé trop sucré, de conduire trop vite, de trop se chauffer, de dire ce qu’on pense. On ne veut voir qu’une seule tête, les doigts posés sur la couture du pantalon. En réalité, c’est pour mieux s’infiltrer dans notre vie privée, nous contrôler, nous anesthésier, nous manipuler, nous pousser à la consommation. Le bio rapporte gros ! Qu’on nous laisse enfin jouir d’un foie gras, sans qu’on nous accuse de torturer les canards, d’une tête de veau, d’abats, d’un petit digestif, comme en raffolent Chabrol ou Depardieu. Savourer un cigare, comme au temps d’Hemingway ou de Churchill. Jusqu’où vont-ils aller ces censeurs, ces culs de plombs ? Jusqu’à enlever la pipe du capitaine Haddock, comme celle de Jacques Tati sur une affiche? Nous restreindre en eau, en électricité, en essence, en cognac ? Nous interdire de manger des huîtres, d’abattre un faisan ou d’assister à une corrida ? Est-ce qu’ils veulent qu’on vive comme des cons, surendettés, soumis aux ondes de la wifi et des portables, mais en revanche bien parés contre la montée des eaux, vaccinés contre les épidémies, aseptisés, tout recroquevillés dans nos vies asséchées? Nous refusons ! Nous, les résistants du plaisir, unissons-nous ! Emmanuelle de Boysson
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