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Vendredi 3 Septembre 2010
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Nouvelles du front littéraire : du prix des deux Magots aux filles de la Closerie des Lilas



Nouvelles du front littéraire : du prix des deux Magots aux filles de la Closerie des Lilas
Cela fait longtemps que je ne vous ai pas donné de nouvelles de ce petit monde des « gens de lettres », journalistes, éditeurs, scribouilleurs, précieuses et hirondelles… Mardi 25 janvier, j’étais invitée par Brigitte de Roquemaurel (responsable de communication) au Prix des Deux Magots. Une tente avait été dressée devant le fameux café de la place Saint-Germain-des-Prés. Un ami m’avait prévenue : le prix est remis à Etienne de Montety pour « L’article de la mort », (Gallimard). Etienne de Montety dirige Le Figaro littéraire, il est l’auteur de plusieurs essais. Le jury avait présélectionné trois livres : « Le rêve entouré d’eau », de Bernard Chapuis (Stock), « La blessure et la soif », de Laurence Plazenet (Gallimard) et le roman de Montety. A peine arrivée, j’apprends que tout a changé : il y a eu une voix de plus (7 contre six) pour Bernard Chapuis...

Etienne de Montety était favori, mais c'est Bernard Chapuis qui décroche le prix des Deux Magots

Chapuis, un vrai talent
Chapuis, un vrai talent
Un journaliste me confie que Stock n’aurait pas envoyé le roman de Chapuis en temps et en heure à tous les membres du jury. Certains se sont-ils ravisés au dernier moment ? Une des voix pour Laurence Plazenet se serait-elle reportée sur Chapuis ? Comme dans toutes les délibérations, le mystère plane. Beau joueur, Etienne de Montety est venu au cocktail où l’on croise les journalistes romanciers Jean-Marie Rouart, Marc Lambron, Eric Neuhoff et Bruno de Cessole. Le roman de Bernard Chapuis "Le rêve entouré d’eau" mérite largement ce prix et même l’Interallié. « Une nuit d’été, au bord de l’eau. On boit, on fume. La conversation s’arrête sur ces objets qui ont marqué les uns et les autres et dont la vie à peu à peu estompé ma trace. Quatre orphelins adoptés par quatre célibataires, quatre voyages qui commencent et s’achèvent au Cap Ferret en passant par le lac Léman, le Ténéré, la mer intérieure du Japon, quatre histoires d’amitié entourées d’eau ».
Au déjeuner, je retrouve mes amies du Prix de la Closerie des Lilas : Tatiana de Rosnay, Adélaïde de Clermont-Tonnerre et Marie-Christine Imbault. De quoi parlons-nous autour d’une cassolette de foie lentilles et de foie gras ? Des romans de cette rentrée de janvier. Quelques nouvelles de la cuvée 2010.

Prix Lilas : des femmes lisent et élisent des femmes

Stéphanie Janicot
Stéphanie Janicot
Le nouveau jury tournant du Prix de la Closerie des lilas compte neuf membres : Audrey Pulvar, Daphné Roulier, Justine Levy, Anne Consigny, Clara Dupont-Monod, Julia Kristeva, Véronique Ovaldé, Adélaïde de Clermont-Tonnerre et Elisabeth Barillé, auxquels s’ajoutent les cinq membres du jury permanent (les fondatrices : Stéphanie Janicot, Tatiana de Rosnay, Carole Chrétiennot, Jessica Nelson et moi-même).
Avant la première réunion, le 20 janvier, nous avions unanimement décidé d’éliminer les romans de romancières trop médiatisées...
A quoi bon un prix littéraire si ce n’est pour mettre en lumière un auteur peu connu ? Le jury a donc lu les romans de femmes sortis entre janvier et mars (33 textes).

Les 17 romans qui font la course en tête

Nouvelles du front littéraire : du prix des deux Magots aux filles de la Closerie des Lilas
De la liste non officielle se dégagent dix-sept romans dont « Mon couronnement » de Véronique Bizot (éd. Actes Sud) qui aborde la vieillesse avec lucidité et un délicat désenchantement ; « La tache aveugle » d’Emmelene Landon, exaltant le processus de création (éd. Actes sud) ; « La Centrale », autour d’une centrale nucléaire ; d’Elisabeth Filhol ; « L'Absence d'oiseaux d'eau », d’Emmanuelle Pagano, métaphore sur l’écriture et l’amour (éd. POL) ; "Les Ames Sœurs" de Valérie Zenatti : humour et imagination au rendez-vous (éd. L’Olivier). Certaines d’entre nous ont aussi aimé les très sensibles « Muettes », de Yasmine Ghata, (éd. Fayard).
Deux romans sur l’immigration nous ont également séduites : « La mer noire » de Kéthévane Davrichewy, (éd. Sabine Wespieser) et « Le Londres Louxor » de Jakuta Alikavazovic (éd. L'Olivier) ; mais aussi « Les Hommes-couleurs » de Cloé Korman (éd. du Seuil) ainsi que des œuvres assez violentes : « Des corps en silence » de Valentine Goby, « Anticorps » de Fabienne Kanor (les deux chez Gallimard) et « Anges » de Julie Grelley (éd. Albin Michel). Nous avons trouvé original le sujet de « Les Vieilles » traité par Pascale Gautier, (éd. Joelle Losfeld). « L’écharpe blanche » de Violaine Gillibert, sur son père, ancien ministre, (éd. Mercure de France), ainsi que « Roman à Clefs » d’Alizé Meurisse (éd. Allia) font partie de nos coups de coeur.
Les mauvais livres ne méritent pas même une mention.
Remise du prix le 8 avril.

Emmanuelle de Boysson







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