Les raisons ? Des produits de synthèse : pesticides, engrais chimiques, j’en passe et pas forcément des meilleurs, utilisés régulièrement par d’apprentis sorciers qui se pensent malheureusement agriculteurs. Des agents toxiques souillant non seulement les sols et les aliments, mais hypothéquant gravement le capital santé des grands comme des petits. Il n’est pas rare que certains exploitants refusent de consommer leur propre production. Pas folle la guêpe !
"Les enfants d’aujourd’hui et de demain seront en moins bonne santé que leurs parents", dixit d’éminents scientifiques.
La prise de conscience est une chose… réagir en est une autre ! Il est - médiatiquement - entendu qu'aujourd'hui l’homme détruit aveuglément son environnement, sciant inexorablement la branche sur laquelle il est assis. Après le climat (Une vérité qui dérange, d’Al Gore), voici l’alimentation qui défraye à son tour la chronique cinématographique avec un documentaire explicite et inquiétant. C’est tout un monde qu’il faudrait repenser, tout un système qu’il faudrait modifier. Prenons par exemple : l’apologie du libéralisme absolu, cette course effrénée contre le temps, cette dévotion à la croissance... économique celle-la ! Doctrine prônant la libre entreprise et qui conduit petit à petit notre civilisation à sa perte : une glissade progressive dans l'abîme, vitupérée depuis longtemps par Albert Jacquart, philosophe et généticien de renom. Une symphonie du tout-va-vite qui est orchestrée par un rendement déshumanisant, constat amer et filmé d'une époque qui ne se donne plus le temps de faire les choses. Une machine ou un produit chimique, c’est bien plus rapide et rentable qu'une somme de bras à amortir. L’inquiétude de la communauté intellectuelle et la maladie reine des préoccupations, mettront-elles un frein sans appel à l’agriculture industrielle ? Des appréhensions légitimes, vedettes par défaut d'une réflexion pondérée d'une heure cinquante-deux minutes (Nos enfants Nous Accuseront), loin des oukases partisans généralement empreints de sensationnalisme d'un Michael Moore ("Roger et moi, Bowling for Columbine, Fahrenheit 9/11, Sicko").
Un début de solution ?
Oser faire marche arrière et recréer des poches agricoles "endémiques" affranchies de traitements pernicieux ; le tout sous l’égide bien sûr d’une population approbative. Jouer, dès lors, le jeu du potager naturel et biologique en plébiscitant, tous ensemble, cette nouvelle manière de produire. Consommer dorénavant avec modération des produits de saison. Quel est l'intérêt d'avoir des tomates bravant l’hiver au goût de flotte ? Ne plus subir le prosélytisme compulsif des publicitaires et suspendre "sur le champs" les hostilités envers la nature. Rationalité et humilité, le début d’une nouvelle ère ?
"Au diable les décideurs de l’ombre, les lobbies assassins qui ont à la place du cœur, un tiroir-caisse" : le nouvel hymne international d'une planète en rémission.
La genèse du mal ?
L’abolition des frontières a posé, en guise de préambule, les bases d'une Europe monétaire au détriment d'une Europe culturelle et sociale. Autant d’aberrations administratives qui ont creusé un peu plus chaque jour, un puits de technocratie infiltré de cupidité. Une fosse élitiste et bien souvent sourde tutoyant l’irréversible : contraste évident entre une existence anesthésiée par les addictions impératives du quotidien (boulot, métro, dodo) et la réalité de terrain. Jamais cette planète n’a été aussi incertaine ! L’insécurité latente dans les villes ; les agressions répétées grignotant du terrain sur l’intransigeante trotteuse : on se fait voler ou poignarder en pleine après-midi. Brutalisé pour un morceau de plastique qui fait bip-bip ou bang-bang ! Terrorisme, pandémie et cataclysmes se lovant, quant à eux, licitement dans le dictionnaire.
Lorsque jadis on franchissait la lisière d’un pays, on posait un acte symbolique et délibéré. On allait vers l’autre, vers sa culture, partageait sa devise. On se nourrisait du dépaysement ! Jamais un Belge ne deviendra un Français ou un Allemand ; l’Italien, Espagnol ou Hollandais ! Les « États-Unis » du Vieux Continent ne sont pas les États-Unis d’Amérique : l’éclectisme des us et coutumes est beaucoup trop pesant, lourd de traditions et d’identité.
Un monde pour demain ?
L’écologie n’est plus une absurdité prêchée par quelques farfelus adeptes de la cigarette qui rend moins « con », de la tartine aux orties et de la cabane à mouches au fond du jardin. Ils sont aujourd’hui des individus tout à fait respectables dont les programmes électoraux, incontournables sur l'échiquier politique, remettront un peu d’ordre dans ce capharnaüm environnemental. En circonscrivant impérativement le feu nourri des questions, afin que les générations futures ne nous accusent pas !
Fabien Ivergneau