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Le vrai Sarkozy : la tentation de l'arroganceNicolas Sarkozy, plus que confortablement élu avec un peu plus de 53 % des voix, avait annoncé qu'en cas de victoire, il irait méditer, se ressourcer, effectuer une retraite pour laisser la fonction présidentielle l'habiter. En fait de retraite et de méditation, ce fut Malte après le Fouquet's... Un choix malheureux.Le départ
Ah que Sarko il est très bien !
Le soir des élections, sur France2, Laurent Fabius est interrompu pour qu'on puisse voir un Johnny Hallyday complètement bourré nous expliquer que l'élection de son "ami Nicolas" était une bonne chose. Johnny Hallyday sortant du Fouquet's (sur TF1, c'est "un restaurant chic des Champs-Elysées"), quoi de plus normal ? Sauf que...
Nicolas Sarkozy est attendu pour une fête populaire place de la concorde. Il s'y fera désirer pendant plus d'une heure, préférant les charmes confortables d'un grand restaurant parisien hyper chic et hyper cher à la compagnie de Gilbert Montagné, de Enrico Macias et de Faudel qui l'attendent devant des vrais gens. Enfin, des gens qui ne louent pas le Fouquet's pour une soirée. On apprend également qu'une discothèque a été louée pour le reste de la nuit, pour une fête qui devait durer jusqu'à 5 heures du matin. Et le lendemain... Le lendemain, elle était souriante
j'ai bien fait de revenir...
Nicolas Sarkozy, hyper décontracté, quitte l'hôtel du Fouquet's en campagnie d'une Cécilia à qui un bouquet de fleur avait été donné (Cécilia qui, pour le coup, est revenue... C'est plus une femme, c'est la chanson populaire de Claude François) et de Louis, le petit dernier qui lui souhaitait bonne chance lors du meeting de son intronisation à la présidence de l'UMP.
Et donc, en route pour un lieu tenu secret, LA fameuse retraite qui va lui permettre d'habiter la fonction présidentielle (ou de se faire habiter par elle, en tout cas, une histoire de possession). Naïvement, je pensais à un monastère, un endroit calme, pour méditer, réfléchir, surmonter le choc d'une élection. Un truc à la limite de l'ésotérisme, un peu comme Mitterrand qui annonçait à la télé, ce truc hallucinant: "je crois aux forces de l'esprit, je ne vous quitterai pas". Las... Halte à la modestie
Nicolas Sarkozy, le soir de son élection, a eu pour Ségolène Royal la magnanimité des grands vainqueurs. Il l'a joué profil bas, modeste, rassembleur et tout. A croire qu'il avait appris, en l'espace de quelques jours (depuis son débat en fait) le manuel du parfait modeste. Qu'il s'est efforcé d'oublier dès le lendemain de son élection.
Parce que passer la soirée, puis la nuit au Fouquet's... Bon... Quand on se veut rassembleur, c'est peut-être pas ce qu'on fait de mieux, tant ce lieu est réservé à une élite à laquelle seule une infime proportion des 53 % qui ont voté pour lui appartient. Ensuite donc, le départ. En jet privé, parce que maintenant que l'élection est terminée, pas besoin de continuer à jouer au pauvre. Et sur place, il s'installe sur un yacht, dont on ne sait pas bien s'il sert à faire une croisière ou à bronzer pour être un président au teint agréablement hâlé. Rassembler ?
je suis cool
Le Fouquet's, un jet privé, puis un yacht.
Pour un Président rassembleur, qui a fondé une bonne partie de sa campagne sur l'image, on peut dire qu'elle est ici au mieux ambigüe, au pire abominable. Parce qu'en dehors des lieux chics parisiens, des jets privés et des yachts, quels sont les autres symbole de la richesse ? En même temps, tout cet étalage (parce que tout ça se passe en moins de 24 heures) fait un peu nouveau riche. Un peu parvenu. Limite arrogant. Parce qu'après avoir parlé de réduction de la dette, de franchise sur les actes médicaux, de réduction du fonctionnement du train de vie de l'état, partir d'un lieu aussi typé "fric" que le Fouquet's, partir à bord d'un jet privé pour passer quelques jours sur un yacht (bon, à la limite, on comprend qu'il ne parte pas avec Costa croisière, mais quand même), ça l'affiche mal. Bien sûr, il est libre d'utiliser son argent comme bon lui semble. Mais il faut bien reconnaître que pour quelqu'un qui a soigneusement cultivé une image de modestie, surtout pendant les derniers jours de la campagne, ça ressemble étrangement à une libération. Un peu comme lorsque les masques tombent... Matthieu Cueto (Strasbourg)
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