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La célébration du défunt dans le monde contemporainQuelle place donnons-nnous à la mort dans nos sociétés contemporaines entre le symbolique, l'esthétisme et l'ostentatoire ?
Les enclos de tombes sont le lieu de rituels de commémoration et d’intenses activités collectives, comme au Mexique ou dans la région espagnole de la Mancha. Dans la séquence inaugurale de son film Volver datant de 2006, Pedro Almodovar rend hommage à l’intense que représente l’entretien des tombes par les femmes. Il s’agit dans une certaine gaîté, de reconnaître collectivement la réalité tragique de la vie humaine, de prendre soin autant que des morts eux-mêmes.
Nous le constatons avec ces exemples liées au rites catholiques et musulmans, le cultes des tombes, ces façons d’arranger et d’entretenir les sépultures, font du cimetière l’espace privilégié de l’hospitalité des morts » dans leurs demeures de type tombes classique, caveaux, urnes qui sont aménagées, décorées, ornées reflétant la beauté de la mort à la fin de la vie dans les cimetières tel que celui de Michon situé à Saint-Etienne dans le quartier Cote Chaude dans lequel nous avons mené nos observations de pierres tombales de différentes sépultures. Nous nous sommes appuyées sur les informations qui nous ont été donné par le responsables des pompes funèbre de la Cote Chaude s’étant déroulé le 23 février 2008 à de 10 heures 30 à 11 heures. Le cimetière à Cote Chaude date du projet de 1877. Le 22 février 1884, le Conseil municipal approuve le projet de création d’un cimetière au Crêt de Cote Chaude dits Crêt des Pendants. Le terrain est acquis de 1899 à 1900. Le cimetière est ouvert en 1902.Ce nouveau cimetière est destiné à desservir la paroisse Saint-André ainsi qu’à soulager le cimetière de Montaud à Saint-Etienne. Non prévue au prévue au projet initial, une conciergerie a été édifiée en 1903. Il s’agit d’une petite maison élevée sur une cave avec au rez-de-chaussée, un étage et un petit grenier. Le rez-de-chaussée et le premier étage sont composés de deux pièces chacun. Une marquise couvre le trottoir au devant de l’entrée pour abriter les familles à la sortie des cortèges. Le cimetière Cote Chaude compte plusieurs parcelles. Les victimes du bombardement du 26 mai 1944 sont inhumées dans un terrain bordant le mur Nord du cimetière de Cote Chaude. En vue de régulariser la situation des victimes du bombardement, la ville acquiert des terrains appartenant à la Société civile Palluat de Besset. En 1955, la ville acquiert auprès de la société civile Palluat de Besset un terrain d’environ 20 000 mètres carrés situé au nord-est du cimetière en vue d’un agrandissement. En 1960, le projet d’un nouveau cimetière à la Chauvetière est abandonné car trop coûteux. L’agrandissement des cimetières existants tel que celui de Cote Chaude date de 1962. Cette opération ainsi que l’aménagement de ses abords et de son chemin d’accès sont terminés en 1965. Le cimetière est agrandi. Le 19 juillet 1965, à la demande de l’Association régionale des français d’Afrique du Nord, le Conseil municipal cède une parcelle du cimetière de Cote Chaude afin d’y ériger un monument. Ce cimetière est le seul qui dispose de la place nécessaire pour une telle entreprise. Le carré musulman est agrandi en 2006. Le cimetière Cote Chaude fait 4, 2 hectares et comptes 2300 sépultures que nous n’avons pas toutes observés. Nous avons visité l’ensemble des parcelles du Cimetière. Nous nous sommes arrêtées sur des tombes classiques situés non seulement dans le carré musulman mais aussi dans la partie catholique , chrétienne et protestante. Nous nous sommes également intéressés aux caveaux communs rassemblant des familles entières en leur sein. Nous avons été interloquées par le caractère ostentatoire des caveaux familiaux ainsi que par le décor des tombes classiques. C’est pourquoi, au vu de nos observations nous avons décidé de nous tourner vers l’étude et l’analyse de l’ornementation des tombes et des caveaux familiaux pouvant se définir comme tombeaux des morts c’est-à-dire comme un ou des lieux ou sont ensevelis un ou plusieurs morts ou éventuellement le lieu destiné et préparé à cet usage et le tombeau qui est à la fois le signal d’une tombe et d’un monument élevé à la mémoire d’un mort dans le lieu même ou se trouve sa tombe dans la préférence de celle-ci » . Le caveau dans un sens particulier est assimilé à de petites caves pratiquées sous les églises, dans les cimetières pour servir de sépulture. Les cerceuils sont enterrés dans un caveau .Le caveau semble a une dimension religieuse et filiale. Il permet de réunir une famille au sein du même caveau à la fin de la vie contrairement à la tombe qui est une sépulture individuelle. L’objet de notre enquête a consisté à observer, la forme des tombes (caveaux et tombes, classique), la dimension les décors, les ornements de l’ensemble des sépultures afin de déterminer la signification du « par dessus des tombes » . Nous nous sommes demandé si le dépôts d’objets sur les tombes se définissait comme une marque symbolique ou s’il relevait du pur esthétisme pour rendre belle la maison du défunt ou des défunts concernant les caveaux familiaux. La décoration de la tombe constitue en ce sens une pratique rituelle pouvant incarner à la fois une dimension esthétique que symbolique ou les deux en même temps. Nous nous sommes posées la question de savoir si le décor sur les tombes a un sens religieux de l’ordre du sacré ainsi que si la décoration des tombes étaient spécifiques aux statut des familles lesquelles peuvent avoir une certaine notoriété se traduisant par la mise en valeur esthétique des tombes. Il s’agira de montrer dans quelle mesure l’ornementation des tombes participe à la valorisation de la mort. Dans une première partie nous ferons l’étude de nos observations lesquelles nous permettront de démontrer la valeur de l’esthétisme des tombes et des caveaux familiaux. Dans une seconde partie, nous dégagerons « la dimension sacrée » de l’esthétique des sépultures au regard de l’analyse des caveaux et des tombes individuelles classiques. Esthétisme des tombes et des caveaux familiaux
monument funéraire au Père Lachaise
L’étude de nos observations sur le terrain des tombes individuelles et collectives.
Nous avons effectués une observation des tombes, des caveaux et des urnes au sein du cimetière de Cote Chaude concédé par la ville de Saint-Etienne. Les concessions sont concédées par la commune. La commune attribue un droit d’usage aux familles qui s’acquiert par un échange monétaire. Dans certains cimetières, les concessions peuvent être perpétuelles. Une famille peut garder indéfiniment une tombe à condition de l’entretien de la sépulture. La concession peut être temporaire. Elle peut être de quinze ans. Elle peut être trentenaire, cinquantenaire ou perpétuelle. Une concession peut être individuelle c’est-à-dire accueillir qu’une sépulture ou collective pour toute personne mentionnées sur l’acte de concession de la même famille. Nous avons remarqué que ce cimetière comportait diverses formes de sépultures : tombes, caveau, urne se caractérisant à la fois par leur simplicité et leur décor religieux. Nous avons constaté que les tombes classiques individuelles et que les caveaux familiaux étaient décorés et ornés de dessins, d’écrits, de messages inscrits sur les épitaphes. Nous avons remarqué que dans le cimetière l’espace de la mort est important. En fin d’observations et de leur analyse nous avons constaté que la mort est temporelle. La temporalité de la mort est importante notamment en ce qui concerne les caveaux familiaux. Cette affirmation rejoint l’idée que la place attribuée au défunt à une durée de vie quand la famille choisit d’enterrer le mort dans un caveau. C’est la temporalité de la mort. En effet, le responsable des pompes funèbres nous a fait remarquer la temporalité liée à l’achat du caveau. « Les caveaux s’achètent pour une durée. Les caveaux peuvent regroupés parents, enfants, petits-enfants. Ce n’est pas parce qu’on prend un caveau qu’on ne peut pas changer de tombe. Les caveaux s’ouvrent par dessus. Les vieux caveaux de pierre s’ouvrent par dessus. On ouvre par dessus pour enlever les morts et on dépose les os dans les reliquaires. » Cela s’explique par le fait que « le repos dans les caveaux commun n’est point « quies aeterna » ce qui signifie qu’elle n’est point éternelle contrairement à celle des tombes qui apparaît comme la demeure du mort pour l’éternité. En effet, « dès lors qu’ils sont combles, les restes des générations précédentes doivent comme dans les fosses communes des cimetières, céder la place à ceux des générations suivantes : la ré exhumation des restes de leurs réduction s’effectue dans des ossuaires » dits reliquaires. Nous avons noté que l’usage du caveau est de plus en plus fréquent par commodité vu sa taille permettant de mettre plusieurs défunts au sein de la sépulture et la matière utilisé parce que comme nous l’a dit un employé des pompes funèbres : « Le marbre a tendance à s’abîmer », « la pierre avait tendance à se fissuré avec le temps. Le granit est plus solide ». Le caveau de famille apparaît comme le meilleur cercueil pouvant résister longtemps à l’eau et à l’humidité c’est-à-dire pouvant rester intact de nombreuses années. Le caveau conserve ainsi le corps de nombreuses années. Par ailleurs le caveau familial ne coûte pas cher comme les tombes comme le souligne le responsable des pompes funèbres. Toutefois, le prix a évolué et peut atteindre le 6000 euros suivant la taille, la forme et le genre de la sépulture : « Avant les tombes n’étaient pas coûteuses. Le tarif se différencie par rapport aux dimensions de la tombe, tombe en pleine terre et ensuite en caveau. Les gens font leurs caveaux familiaux, un peu beaucoup moins cher. » L’avantage du caveau réside dans sa forme et sa taille bien que ces deux traits peuvent être également caractéristique des tombes tel que nous a renseigné le responsable des pompes funèbres. « Les caveaux font 2m par 2m50 ou 4 mètres carrés un demi Les tombes font 2mètres et ne peuvent contenir qu’un seul défunt. Les caveaux peuvent comprendre quatre, six, neufs défunts. » A la demande de la famille, ce sont les pompes funèbres qui se rendent au cimetière et font l’habillage du caveau. Les pompes funèbres s’en remettent « à la personne mourante, à la famille et aux personnes âgées qui y ont réfléchi » comme nous l’a précisé le responsable des pompes funèbres. Les tombes et caveaux sont entretenus. Cet entretien incombe au proche du défunt : « les anciens caveaux, on les habille avec du neuf : du granit plus solide ». Ce sont des vielles concessions de leur parent qu’ils décident de rendre propres. » Leur forme, leur style, leur ornement et leur décor varie selon la famille et le défunt. Selon les propos rapportés par le responsable des pompes funèbres, concernant les inscriptions, les décors, l’ornementation « pour certains, leur volonté correspond à « un symbole .Certains symboles ont un caractère esthétique. ».Certains étant musulmans ne veulent pas de symboles. Il y a des musulmans qui commencent à mettre de grands monuments bien que ce soit non-conforme aux règles musulmanes » Je suis chrétien non pratiquant, je ne vois pas pourquoi je voudrais avoir un symbole. La question de la couleur est mise en relation avec le budget qui apparaît comme un critère déterminant dans le choix de la sépulture comme le dit le responsable des pompes funèbres : « sur la couleur : c’est un budget : gris ou marron c’est une question de prix .Il y a de gens qui veulent du simple, qui veulent du beau. Il y a beaucoup du gens qui veulent du beau et du pas cher. On peut marchander. » Nous en avons conclu que le choix de la sépulture, son aménagement se rattachait à la « volonté individuelle des proches ». Nous nous sommes donc point attardés sur ce point. Nous avons seulement décidé d’étudier le contour, le style et la forme et d’en dégager sa signification transitant autour de la mise en valeur de l’esthétisme, du symbolisme ou de l’ensemble imbriqué. La dimension sacrée
L’ornementation des tombes a plusieurs significations symboliques. La décoration des tombes apparaît systématiquement comme une pratique religieuse notamment quand « sur le par dessus » des tombes est déposés des objets religieux comme sur cette photo.
Figure 1: Ensemble de tombes sous formes de caveau familial. Le sociologue Himmelmann relève d’autres significations du décor des tombes. En effet, l’ornementation des tombes peut représenter simultanément le citoyen idéal de la société démocratique effectuant à la fois son devoir civil laïque démocratique et religieux puisque la décoration des tombes par les proches du participe au respect de la mort tant dans sa dimension spirituelle, religieuse et civil. En l’espèce, les proches du défunt commémorent de la tombe et du caveau dans le cimetière ce qui symbolise la volonté des proches de rendre belle la mort au travers de symboles dont la beauté, la propreté est préservée comme dans un sens de préservation et de conservation de la mémoire du mort en toute pureté. Le soin des tombes agrémente la demeure des défunts laquelle dans son plus belle appareil constitue sa résidence dans l’au-delà lui accordant un repos éternelle dans toute sa magnificence comme c’était le cas pour les rois égyptiens. C’est d’ailleurs ce que fait paraître le message de l’éditorial de la revue archéologie dans sont numéro intitulé : « Images et rites d'éternité » Rares sont les peuples qui, sur terre, ont consacré à la mort et à l’espoir de survivre dans l’au-delà autant d’efforts et de soins que les Egyptiens. Privilège exclusif du pharaon au commencement de l’Histoire, au IIIe millénaire avant notre ère, les rites funéraires se sont rapidement étendus aux classes aisées puis, à l’époque tardive, à toute la population. Le corps était l’objet de soins attentifs et sa tombe, nouvelle demeure pour l’éternité, était soignée et pourvue d’un mobilier riche et varié. De plus, des guides de l’Au-Delà devaient aider le mort à franchir victorieusement toutes les étapes qui le menaient au royaume d’Osiris. L’article de Charles Taylor confirme notre idée. Cet écrit évoque le rôle symbolique du cercueil égyptien se définissant comme l’équipement du mort pour l’éternité. « Le cercueil ou sarcophage était peut-être la seule pièce vraiment importante de l’équipement qu’un ancien égyptien désirait voir dans sa tombe. Pendant toute la période pharaonique (de 3100 environ au début de la période romaine en 30 avant Jésus Christ), une énorme dépense physique, de ressources financières et d’efforts artistique fut consacrée pour s’assurer que la mort accédait heureusement la vie éternelle ». En ce sens, Le symbolisme des objets marque l’apaisement du mort après son décès et la vie après la mort. « Le tombeau est loquace depuis la plus haute Antiquité. Il nous parle de la vie plus que de la mort, du souvenir plus que de l’oubli, de a foie plus que du scepticisme » . L’ornement des tombes peut faire émerger des représentations ayant trait aux liens familiaux tel que le font paraitre les caveaux familiaux. La décoration des tombes peut également peindre la valeur du défunt lequel peut être figuré sous des traits héoriques grâce aux objets ornant sa tombe. En ce sens, les objets sacrés ornant les tombes symbolisent la commémoration et l’hommage fait aux morts en leur mémoire des morts. Les objets englobent donc l’idée de préserver en sa mémoire le souvenir du défunt. Figure 2: Exemple d'objet décoratif commémorant la mémoire du mort. D’ailleurs c’est ce que nous montre le sociologue Déchaux dans son texte : « la mémoire n’est pas une entité purement spirituelle. Son existence n’est pas seulement mentale. Elle a besoin de supports, si possible matériels. D’un part cela facilite le rappel du souvenir. D’autre part parce que le support va permettre de surmonter la contradiction entre le passé et le présent» Qu’elles sont donc les « archives » de la mémoire familiale. Les objets comme il nous l’explique par ailleurs dans sa partie intitulée « Le Monde des objets » à la page 183. Les décors et ornements des tombes et des caveaux attribuent une dimension symbolique de la mort. La décoration des tombes comme nous l’avons dit précédemment symbolise la permanence du lien familial. En effet, dans le caveau familial marque la perdurance du lien de filiation entre des membres d’une famille. Le caveau familial se définit dans ce cadre là comme un lieu de retrouvailles familiales mortuaire permettant de faire perdurer les liens familiaux à travers le temps puisqu’il permet de réunir la famille. Ainsi, le faste des tombes et caveaux des familles est symbolique puisque l’esthétisme de la sépulture peut permettre de redorer le blason des valeurs familiales. En cela, le caveau familial se rattache à l’idée de temporalité de la mort laquelle ne rompt pas les liens de parenté entre père, mère , enfants, grands-parents, oncle et tante puisque le caveau familiale rassemble les membres d’une famille attachés sentimentalement les uns les autres. L’édifice religieux est avant tout un lieu de pouvoir
L‘insistance sur l’esthétisme du caveau pouvant également faisant transparaître l’idée de richesse et de notoriété du mort et de sa famille peut être mise en adéquation avec le symbolisme religieux de la mort que dégage la sépulture décorée fastueusement .
C’est ce que nous a suggéré le responsable des pompes funèbres contredisant le fait que l’habillage avait un lien avec le statut ou la célébrité du mort. « L’habillage n’à rien avoir avec la notoriété » : L’interviewé a pris l’exemple d’un ancien maire de Saint-Etienne. A Saint-Just, il y a des familles de gitans qui ont investi pour 60 000 euros dans des caveaux pour raison religieuse : la personne qui est morte vit encore alors elles mettent le prix dans le sens il y faut assurer au défunt une belle vie dans un lieu somptueux » ce qui ressemble aux coutumes et pratiques religieuses égyptiennes que nous évoquons plus loin. En ce sens, l’esthétisme des tombes et des caveaux familiaux semble refléter le miroir du symbolisme lequel a pour but de donner « champ des morts une dimension sacré » . Dans ce cadre là, au vu de l’exemple ci-dessus, le « champ des morts » se définit comme un espace sacré au sein duquel les vivants expriment leur dévotion envers les morts en embellissant leur chaumière en vu que leur repos soit plus paisible. Cet objectif est mis en œuvre par le dépôt de belle croix, d’ange ainsi que de plaque commémorative splendide en honneur des morts. C’est ce que nous avons remarqué lors de notre visite du cimetière. De ce fait, en l’espèce, l’ornementation à pour but de mettre en valeur l’édifice sépulcral. En effet, comme le suggère Pascal Julien, « l’édifice religieux est avant tout un lieu de pouvoir, celui de Dieu autour duquel se regroupent ministres et fidèles, un lieu privilégié à l’approche du sacré doit révèlera aux hommes leur dimension véritable. Si l’on recherche une vérité spirituelle, s’y exprime également une réalité sociale et politique, parfois même flagrante, comme le rappelait ce bénitier du treizième siècle conservé au Musée d’Angers, par une inscription latine qui fut ainsi traduite « pour le clerc et le soldat, que les vilains s’en aillent à d’autres bénitiers. C’est ici la première place, aux vilains la moins noble et la dernière. » Cette citation nous montre le symbolisme du caractère religieux déposé sur les tombes et les caveaux familiaux puisque selon l’auteur cité le beaux peut être assimilé à une offrande religieuse faite en mémoire du mort consistant comme nous l’avons dit à honorer la mémoire du mort au travers les signes religieux : croix, vierges marie d’une beauté inégalable. L’esthétisme des tombes symbolise la confession de foi religieuse des proches envers le défunt. La décoration des tombes avec des signes religieux esthétiques souligne la croyance de la famille qui s’en remet à Dieu, confiant à Dieu un membre cher à leur cœur. Cela constitue un rite de passage du défunt sur le chemin conduisant à l’au-delà. Ce caveau familial italien lesquels sont réputés extrêmement croyant peut exemplifier ce propos. Cette photo fait apparaître que la décoration de la tombe est très esthétique et artistique. Le nombre d’objet et l’aspect esthétique semblent se présenter comme du symbolisme religieux lequel à un caractère ostentatoire relève de l’utilitaire c’est-à-dire comme un moyen de se rapprocher de Dieu. En l’espèce, « pour les vivants comme pour les morts, comment se rapprocher de Dieu ? Soumis à des règles juridiques diplomatique, du décor à l’image, à des enjeux financiers, à des querelles de préséance ou a des subtilités, le don comme peut apparaître le dépôt d’objets est liés « tant aux exigences religieux et qu’ aux préoccupations des fidèles qui dans le cas de la morts consiste à voués un culte aux défunts » parce que ce dernier peut avoir une certaine notoriété, une certain statut justifiant que les moyens soit mis en œuvre sur le plan financiers et esthétique pour honorer sa mémoire Le type de tombe, son ornementation et les décors constitue donc une marque d’appartenance du corps social. En effet, « au nouvel Empire, les tombes des particuliers présentent une nette tendance à reproduire, selon des dimensions beaucoup plus réduites, les divers éléments de la tombe du roi. Le dignitaire jouissant de la faveur royale, ne dispose que d'un ensemble alliant chapelle et caveau attenant à la montagne thébaine (le roi, lui, peut scinder le complexe en un temple où lui sont rendu un culte et la tombe dans la Vallée des Rois). » Il y avait à Thèbes ouest plusieurs concessions correspondant à diverses catégories du corps social. Parmi ceux-ci, on connaît surtout le secteur de Gournah qui accueille les sépultures des hauts fonctionnaires de la XVIIIe dynastie. Les tombes thébaines de la XVIIIe dynastie rendent l'image des grands serviteurs de l'Etat qui vécurent à la cour et profitèrent des faveurs royales. Le décor perpétue les grands actes de la vie et la personnalité, d'où découlait leur prospérité. Les peintures et les bas-reliefs dans les tombeaux des nobles dépeignent, comme nulle part ailleurs, les scènes pittoresques de la vie quotidienne. Toutefois, chaque tableau répond à une intention spécifique du rite, moins en tant que représentation littérale, que comme signification implicite et profonde. » Transfuges du souvenir, réveil de la mémoire
L’ornementation des tombes classiques, des caveaux caractérise l’ensemble des sépultures. Au vu de nos observations, nous constatons, que les décors incarnent une dimension autant religieuse qu’esthétique, ce qui revalorise la place des défunts. En ce sens, les familles honorent la mémoire des morts mettant parallèlement en exergue leur profonde croyance en la religion de Dieu que ce soit sous forme de dépôts d’objets luxueux faisant profession de foi ou de simples décors.
Pouvons-nous toujours parler de la miniaturisation que pointe le sociologue Jean Didier Urbain d’uniformisation et de silence de la mort bien que les objets, les images, les décors renvoie une « image figée » de la fin de vie de l’existence parce que « le seul discours de l’image et de l’architecture ne suffit pas pour exprimer le drame de l’arrachement et la pérénnité du souvenir » La mémoire du défunt semble donc seulement préservée par l’intermédiaire des objets pouvant être envisagés comme des transfuges du souvenir du mort, c’est-à-dire comme des instruments de la mort réveillant la mémoire du proche. Dalila Zouache (Lorette, Loire)
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