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Mercredi 09 Juillet 2008
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Il faut sauver France Soir



Par Emmanuelle de Boysson
Par Emmanuelle de Boysson
Mardi 25 avril, au 35e étage de la Grande Arche de la Défense, une fête de résistance a réuni les salariés en grève de France Soir et des amis du quotidien. Tous voulaient exprimer leur opposition à la décision du tribunal de commerce de Lille qui a désigné comme repreneur le promoteur immobilier Jean-Pierre Brunois et le journaliste sportif Olivier Rey plutôt que le groupe de presse Moscow News et son actionnaire principal Arcadi Gaydamak. Brunois veut licencier 80 personnes et ne payera aucune des dettes de l'entreprise. De plus, il fera du journal un tabloïd trash axé sur le sport et supprimera les rubriques culture et politique. A l'inverse, Gaydamak avait l'intention de garder tout le personnel et d'éponger les dettes. L'homme d'affaires est certes sous mandat d'arrêt international, ses fonds ne sont pas clairs, mais entre deux maux, les salariés préfèrent celui qui sauve leur peau. France Soir attend que la justice se prononce sur l'appel déposé par le comité d'entreprise auprès de la cour de Douai. La grève se prolongera jusqu'à la liquidation. Certains rêvent qu'un miracle se produise alors, un geste de l'Etat ou l'arrivée d'un troisième repreneur… Tous expriment leur dégoût face à une orientation d'un journal sans culture ni politique.

Il faut sauver France Soir
Anne-Marie Schropff, rédactrice en chef culture, tenait un stand avec une boîte où chacun pouvait glisser de l'argent pour soutenir les grévistes. Jacques Séguéla passa de groupe en groupe pour faire la quête. Serge Moati répondait aux journalistes : « Nous sommes face à la dégradation de tout un pays qui n'aime pas ses intellos ni sa jeunesse. On a besoin de plus de culture, de presse d'opinion. Il faut soutenir la presse comme on soutient le théâtre subventionné. Si j'étais ministre, j'aiderais France Soir ; il pourrait devenir le journal des voix des banlieues ». La petite-fille du fondateur Katherine Icardi-Lazareff parrainait la soirée et termina sa prestation par une boutade de son grand-père : « Allez, coco ! ». On attendit Alain Delon, qui devait passer, en vain ! L'ancien directeur de France Soir, André Bercoff, Paul Vermus, Christian Chesnot, l'ancien ministre Roger-Gérard Schwartzenberg et Paul-Loup Sulitzer étaient venus soutenir les troupes. Vers 22 heures, Henri Emmanuelli fit une apparition. François Hollande déclara aux salariés : « Vous avez bien fait de choisir le toit citoyen. Vous avez mis votre journal tout en haut alors que d'autres veulent le mettre tout en bas ».
Résistons pour que France Soir ne devienne pas un quotidien au rabais, pour qu'il reste en France une pluralité, une liberté de la presse.

Emmanuelle de Boysson




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