Actus personnelles

paru dans Service littéraire


TOXIQUE. cy[Jean-Marc Roberts, le patron de Stock a fait savoir que Denis Westhoff, le fils de Françoise Sagan, lui a confié le soin de rééditer, à partir d'octobre, neuf romans de sa mère, dont Des yeux de soie et La Femme fardée et de publier un inédit : Toxique dans lequel elle raconte sa cure de désintoxication. « L’événement considérable » est bidon : Toxique est paru en 1964 aux éditions Julliard. On le trouve en édition originale illustrée de nombreux dessins de Bernard Buffet, à 260 euros, chez chapitre. com. Intoxe ?

MISOS. Pas de romans de femmes à la rentrée ni chez Grasset (douze hommes) ni chez Flammarion (onze). Peut-être qu’une mystérieuse épidémie a décimé les romancières. Espérons que ces équipes de foot vont réussir à marquer.

INTERDITS AUX HOMMES. Le prix du 1er roman de femmes de l’hôtel Montalembert a été attribué à Olivia Elkaïm et à Juliette Jourdan (transsexuelle).

NOURISSIER, LE RETOUR. Réédition complétée des chiens à fouetter (Le dilettante). Paru d’abord en 1956, sous le pseudo d’Albéric Norrit, dans La Parisienne, cette satyre du monde littéraire fut publiée peu avant que Nourissier, rédacteur en chef de la revue, tente avec Revel un putsch afin d’évincer son directeur, Jacques Laurent.

LES AUTEURS DE LA RENTREE QUI NE SE LA JOUENT PAS. Ils ne savant pas dire non, comme Serge Joncourt (Flammarion), ils boivent, se dégrisent, comme Eric Holder (Seuil), ils glandent, comme Philippe Delerm (Mercure). Ils ne se prennent pas pour Proust qui savait rester modeste, l’élégance des vrais ambitieux.

PARIS.Le Mercure s'enrichit d'une nouvelle collection, Paris. Elle comportera 20 volumes, autant que d'arrondissements de la capitale. Ils seront tous écrits par Olivier Barrot et illustrés par Alain Bouldouyre.

JANVIER. Chez Gallimard, Modiano et Le Clézio, chez Fayard, Castillon, Mabanckou et Sportès.

FOG UP. Le prix Tortoni a été décerné à Jean-Jacques Salgon pour Papa fume la pipe, (L’Escampette), le prix Tortignole, à Franz-Olivier Giesbert pour Le Lessiveur (Flammarion), « un livre dont l’envahissante médiatisation n’a pas paru justifiée au jury ». Il faudrait créer le prix torti-guignols des journalistes trop complaisants.

WAIT AND SEE. L’élection au siège de Maurice Druon, secrétaire perpétuel, n’aura lieu qu’en 2011. Ceux qui se bousculent au portillon attendront.

Emmanuelle de Boysson

Valéry Larbaud

25/08/2009

Actus personnelles

article paru dans Service littéraire


Le Journal de Valéry Larbaud.


La première édition du Journal de Valéry Larbaud ne représentait qu’à peine la moitié des journaux retrouvés et publiés aujourd’hui (1901-1935). De longs passages sont en anglais (on aurait aimé une traduction), d’autres ont été reconstitués à partir de fragments, de pages arrachées. Dans « son cher exutoire », Larbaud dévoile sa vie au quotidien avec ses manies, ses tics, ses obsessions : ses horaires, l’itinéraire de ses promenades avec son chien, ses visites au médecin. Cet enfant unique, surprotégé par sa mère, souffre de rhumatisme articulaire et des séquelles d’un paludisme contracté à Saint-Yorre où son père était propriétaire des sources. D’où une hyper excitabilité cérébrale, des crises de Mood qui le poussent à s’isoler et le portent à la création. Fin gourmet, il partage avec son ami Léon-Paul Fargue (avec qui il fonde la revue Commerce) des repas fins. Larbaud n’a jamais quitté l’enfance ; il continue de collectionner des figurines de plomb, apprécie la compagnie des petites filles, jusqu’à sa rencontre avec Maria, la femme de sa vie. D’une grande sensibilité artistique, il écume les musées en Angleterre ou en Italie. Lecteur boulimique, traducteur scrupuleux (de Ramon Gomez de la Serna, Butler…), ce dandy polyglotte qui ne cesse de lutter contre son mal, se fatigue autant des femmes que de la médiocrité de la littérature. Les négociations de boutiquiers à propos de Fermina Marquez, entre Fasquelle, chez Plon, et Gaston Gallimard, le dépassent. Il est outré quand Malraux lui vole la vedette en lançant Faulkner à sa place. Entre les arrivés et les ratés, il n’y a qu’un pas. Fou d’Ulysse, il cotraduit le roman de Joyce qui paraît en 1929. En 1934, il craint de rencontrer Sylvia Beach, l’éditrice : « Comment (Joyce) n’a-t-il pas pu voir à quel point la B(each) et l’autre (Adrienne Monnier), l’ont exploité, bafoué, dénigré ». Atteint d’hémiplégie et d’aphasie en 1935, il passe les vingt-deux dernières années de sa vie cloué dans un fauteuil. Avant de mourir, il se redressa et s’écria : « Adieu, les choses d’ici-bas ».
Emmanuelle de Boysson
Journal, de Valéry Larbaud, édition définitive. Texte établi, préfacé et annoté par Paule Moron, Gallimard, 1600 pages, 70 E.




Recherche

Profil
Emmanuelle de Boysson
Emmanuelle de Boysson
Ecrivain (auteur de dix livres dont Le secret de ma mère, Le secret des couples qui durent, aux Presses de la Renaissance, J'ai Lu ; Les grandes bourgeoises et Les nouvelles provinciales, chez J-C Lattès), journaliste à Marie Claire, votrejournal.net, Fémi 9, Service littéraire et Présidente du Prix Lilas.







Galerie


RSS ATOM RSS comment PODCAST Mobile