Service littéraire
16/09/2009Actus personnelles
Parus dans Service littéraire, ces écrits et chuchotements et ce papier sur le dernier Philippe Delerm, et, à la Une : Beigbeder "Merde in France".
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Ecrits et chuchotements
MOIX D’ABORD. Yann Moix publie « Cinquante ans dans la peau de Michael Jackson » le 8 sept chez Grasset. Son film Cinéman sort en salles le 28 octobre.
AUTEURS CONTRE EDITEURS. 39 départs volontaires ont été « acceptés » par la direction du groupe La Martinière dont 18 au Seuil (Olivier Rolin, éditeur-auteur), 13 chez La Martinière… La maison de la rue Jacob est mise en vente : tout un symbole. Hors Commerce sont en dépôt de bilan, les éditions Anne Carrière Payot attendent la réponse du tribunal en vue d’un plan de reprise. Ramsay coule. Plon et Fayard réduisent leurs publications. Auteurs non payés, avaloirs en baissent, éditeurs à cran. Ca sent le roussi.
DRUCKER CONTRE BELAYA : Calixthe Beyala a été condamnée à verser un euro à Michel Drucker. L’honneur est presque sauf.
DATI CONTRE DATI : Les éditions Calmann-Lévy et Jamal Dati ont porté plainte à la suite du vol du manuscrit papier d’A l'ombre de Rachida Dati. Condamné à un an de prison ferme pour trafic de stupéfiants, le frère de l’ex garde des Sceaux y décrit sa sœur comme une femme cassante qui ne s'est jamais occupée de lui. Encore un petit joint Jamal ?
HEMINGWAY CONTRE LES EDITIONS YALE. Argo, serait le nom de code d’Hemingway, qui, d’après : Espions : Grandeur et décadence du KGB aux Etats-Unis, aurait été recruté en 1941 comme espion par le KGB. Relisez plutôt Ce sacré Hemingway, d’Anthony Burgess (Fayard). Par ailleurs, à quand une réédition ?
MARC LEVY CONTRE BERNARD WERBER. Levy donne désormais dans la métaphysique à trois balles piquant son fond de commerce à Werber. Un coup de RAID sur la fourmilière ?
CARRERE CONTRE POUTINE. Emmanuel Carrère prépare un livre sur Edouard Limonov (POL).
PHILIPPE BESSON CONTRE LE MILIEU LITTERAIRE. L’auteur d’Un garçon d’Italie, s’exile sur la Côte Ouest des Etats-Unis… Se résoudre aux adieux ?
BEIGBEDER EN LIGNE POUR LE GONCOURT. Avec son chef d’œuvre, Beigbeder devrait rattraper l’erreur magistrale du jury Goncourt qui, en 1932, n’avait pas voté pour Céline. Une dernière ligne sur le capot d’une Chrysler noire avant la timbale ?
Emmanuelle de Boysson
Philippe le bon
Heureux homme ! Arnold Spitzweg, employé de bureau à la Poste, n’a rien à prouver. Il vit seul, 226 rue Marcadet dans le XVIII e. Il voudrait qu’on l’oublie. Il n’aime pas se regarder dans les miroirs, ne pratique aucun sport, n’a aucune ambition. Un personnage en voie de disparition, à la Marcel Aymé, un monsieur Hulot, un ravi qui ne s’ennuie jamais et qu’un rien réjouit : fumer un Ninas au Luxembourg, lire L’Equipe en terrasse. Se balader dans Paris, entre le Ve où il faut être « très riche avec Libé déplié devant soi à la terrasse d’un café » ou sur les Champs-Elysées où les femmes en manteaux de fourrure sentent la mort. Découvrant que sur les blogs, chacun déballe sans vergogne sa vie intime, Arnold décide de tenir celui qu’il eût aimé lire : un éloge de la lenteur, de la paresse dégustée, du goût de vivre « des petites bulles de temps arrêté ». Son journal suscite chez des milliers d’internautes, surtout des femmes, un engouement inattendu. Des éditeurs le sollicitent, les médias s’emparent du phénomène. Monsieur Spitzweg résistera-t-il à la notoriété ? Comme Bartleby, le héros d’une nouvelle de Melville, un commis aux écritures sobre et rêveur qui répond, chaque fois qu’on lui demande un travail : « je préférerais pas » et refuse même son renvoi, Philippe Delerm prône la désobéissance, une résistance tranquille face aux dérives de notre époque bobo. Le bronzage idiot ; la dépendance aux IPOD, aux téléphones portables ; le conformisme de l’activité sportive : jogging, vélo, roller ; la télé-réalité ; une société faite pour être deux… Un roman cadeau qu’on fourre dans sa poche pour déambuler le long du canal de l’Ourcq ou à Ménilmontant. Un traité de sagesse, nostalgique et tendre, sans philosophie ni morale qui se déguste comme un bordeaux, plus long en bouche qu’une bière blanche. On a tous en nous quelque chose de Bartleby.
Emmanuelle de Boysson
Philippe Delerm, « Quelque chose en lui de Bartleby », éd Mercure de France, 15, 50 E, p
MOIX D’ABORD. Yann Moix publie « Cinquante ans dans la peau de Michael Jackson » le 8 sept chez Grasset. Son film Cinéman sort en salles le 28 octobre.
AUTEURS CONTRE EDITEURS. 39 départs volontaires ont été « acceptés » par la direction du groupe La Martinière dont 18 au Seuil (Olivier Rolin, éditeur-auteur), 13 chez La Martinière… La maison de la rue Jacob est mise en vente : tout un symbole. Hors Commerce sont en dépôt de bilan, les éditions Anne Carrière Payot attendent la réponse du tribunal en vue d’un plan de reprise. Ramsay coule. Plon et Fayard réduisent leurs publications. Auteurs non payés, avaloirs en baissent, éditeurs à cran. Ca sent le roussi.
DRUCKER CONTRE BELAYA : Calixthe Beyala a été condamnée à verser un euro à Michel Drucker. L’honneur est presque sauf.
DATI CONTRE DATI : Les éditions Calmann-Lévy et Jamal Dati ont porté plainte à la suite du vol du manuscrit papier d’A l'ombre de Rachida Dati. Condamné à un an de prison ferme pour trafic de stupéfiants, le frère de l’ex garde des Sceaux y décrit sa sœur comme une femme cassante qui ne s'est jamais occupée de lui. Encore un petit joint Jamal ?
HEMINGWAY CONTRE LES EDITIONS YALE. Argo, serait le nom de code d’Hemingway, qui, d’après : Espions : Grandeur et décadence du KGB aux Etats-Unis, aurait été recruté en 1941 comme espion par le KGB. Relisez plutôt Ce sacré Hemingway, d’Anthony Burgess (Fayard). Par ailleurs, à quand une réédition ?
MARC LEVY CONTRE BERNARD WERBER. Levy donne désormais dans la métaphysique à trois balles piquant son fond de commerce à Werber. Un coup de RAID sur la fourmilière ?
CARRERE CONTRE POUTINE. Emmanuel Carrère prépare un livre sur Edouard Limonov (POL).
PHILIPPE BESSON CONTRE LE MILIEU LITTERAIRE. L’auteur d’Un garçon d’Italie, s’exile sur la Côte Ouest des Etats-Unis… Se résoudre aux adieux ?
BEIGBEDER EN LIGNE POUR LE GONCOURT. Avec son chef d’œuvre, Beigbeder devrait rattraper l’erreur magistrale du jury Goncourt qui, en 1932, n’avait pas voté pour Céline. Une dernière ligne sur le capot d’une Chrysler noire avant la timbale ?
Emmanuelle de Boysson
Philippe le bon
Heureux homme ! Arnold Spitzweg, employé de bureau à la Poste, n’a rien à prouver. Il vit seul, 226 rue Marcadet dans le XVIII e. Il voudrait qu’on l’oublie. Il n’aime pas se regarder dans les miroirs, ne pratique aucun sport, n’a aucune ambition. Un personnage en voie de disparition, à la Marcel Aymé, un monsieur Hulot, un ravi qui ne s’ennuie jamais et qu’un rien réjouit : fumer un Ninas au Luxembourg, lire L’Equipe en terrasse. Se balader dans Paris, entre le Ve où il faut être « très riche avec Libé déplié devant soi à la terrasse d’un café » ou sur les Champs-Elysées où les femmes en manteaux de fourrure sentent la mort. Découvrant que sur les blogs, chacun déballe sans vergogne sa vie intime, Arnold décide de tenir celui qu’il eût aimé lire : un éloge de la lenteur, de la paresse dégustée, du goût de vivre « des petites bulles de temps arrêté ». Son journal suscite chez des milliers d’internautes, surtout des femmes, un engouement inattendu. Des éditeurs le sollicitent, les médias s’emparent du phénomène. Monsieur Spitzweg résistera-t-il à la notoriété ? Comme Bartleby, le héros d’une nouvelle de Melville, un commis aux écritures sobre et rêveur qui répond, chaque fois qu’on lui demande un travail : « je préférerais pas » et refuse même son renvoi, Philippe Delerm prône la désobéissance, une résistance tranquille face aux dérives de notre époque bobo. Le bronzage idiot ; la dépendance aux IPOD, aux téléphones portables ; le conformisme de l’activité sportive : jogging, vélo, roller ; la télé-réalité ; une société faite pour être deux… Un roman cadeau qu’on fourre dans sa poche pour déambuler le long du canal de l’Ourcq ou à Ménilmontant. Un traité de sagesse, nostalgique et tendre, sans philosophie ni morale qui se déguste comme un bordeaux, plus long en bouche qu’une bière blanche. On a tous en nous quelque chose de Bartleby.
Emmanuelle de Boysson
Philippe Delerm, « Quelque chose en lui de Bartleby », éd Mercure de France, 15, 50 E, p
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Profil
Emmanuelle de Boysson
Ecrivain (auteur de dix livres dont Le secret de ma mère, Le secret des couples qui durent, aux Presses de la Renaissance, J'ai Lu ; Les grandes bourgeoises et Les nouvelles provinciales, chez J-C Lattès), journaliste à Marie Claire, votrejournal.net, Fémi 9, Service littéraire et Présidente du Prix Lilas.
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