Service littéraire mars 2010
15/03/2010Actus personnelles
ECRITS ET CHUCHOTEMENTS et Sarah Chiche
BIS REPETITA. Alina Reyes a perdu son procès contre Yannick Haenel. Lors de la sortie de « Cercle », elle l’accusait de s’être nourri de « son œuvre ». Un véritable délire parano contre Haenel qui répliqua : « Elle se sert de mon roman pour essayer de faire parler du sien ». A son tour Claude Lanzmann accuse Haenel d’avoir parasité les propos tenus par Jan Karski dans Shoah. Il lui reproche son immaturité, ses « paraphrases », et la « falsification de l'histoire et de ses protagonistes ». Haenel s’interroge sur la coïncidence entre cette attaque et la rediffusion de Shoah sur Arte « Ne serait-ce pas un moyen de se faire un peu de pub gratos ? ». Dommage que les propos de la défense Haenel se répètent un peu.
B. B. B. BHL, Banier, Botul même combat ! Chacun tente de profiter des coups de projecteur pour qu’on parle d’eux. Le dernier, malgré lui, via Frédérique Pages, le bienheureux. Chapeau à Aude Lancelin, seule journaliste, à avoir lu BHL et à avoir su détecter la bourde. On dit que la vengeance du nègre est de planquer une boule puante dans un texte.
NAISSANCES. Les maisons d’édition sont comme les bourgeons : ça pousse de partout. Deux ex de Lire, Jean-Maurice de Montremy, écrivain, journaliste et Catherine Argan fondent « Alma ». Olivier Delavault crée « Indiens de Tous Pays - OD Éditions ». Il donnera la parole à ce qu’il reste de ces éradiqués. 1er bébé en mars : Nuage rouge, témoignage d’un chamane, comme un écho à Partition rouge, de Delay et Roubaud.
HORS SERIE : Le Serpent à Plumes publie une revue sur les richesses de la culture haïtienne. Parmi les auteurs: Dany Laferrière, Yannick Lahens, Emile Ollivier, Louis-Philippe Dalembert. Tous ont fait partie de cette maison, car : « Quand tout tombe, il reste la culture ». (Les bénéfices iront à l'hôpital de la Communauté Haïtienne).
LE PRIX DE LA CLOSERIE DES LILAS sera remis le 8 avril. Parmi les membres du jury 2010 : Julia Kristeva, Justine Lévy, Audrey Pulvar, Daphné Roulier, Anne Consigny, Adélaïde de Clermont-Tonnerre, Elisabeth Barillé, Clara Dupont-Monod et le jury permanent. Nous les femmes…
E. de B.
Le poids Chiche
Elle est sur facebook. Ses infos persos : auteur de L’inachevée, étudiante en psychologie clinique et en psychopathologie (my god !) ; un mémoire sur « la mélancolie et le démoniaque » ; directrice de la collection L’attrape-corps à la Musardine, conseillère littéraire free-lance et lectrice pour les éditions Florent Massot. Elle trouve encore le temps d’être fiancée, de rêver à Johan Faerber et d’« adorer » le roman d’Adélaïde de Clermont-Tonnerre. L’emprise est l’histoire d’une thérapie « séduction-épuisement-isolation-obnubilation ». Ca promet. La narratrice passe d’un divorce au cabinet de Victor Grandier, un vieil imposteur doublé d’un marlou de première. Elle vient de la part de ses parents. Le psy se vante de ses succès, vend sa méthode d’avant-garde. Elle se laisse embobiner, se coupe de ses amis, cesse de lire, de manger, va même jusqu’à se déshabiller devant le « thérapeute » qui la harcèle de coups de fil. Le filet se resserre autour de l’ablette. A 90 E le quart d’heure, à la 18 ème séance, la patiente a dépensé 22 300 euros ! « C’est peu pour vous offrir une nouvelle vie », rassure le psy. Argument digne d’un scientologue. Page 128, on en est à la 62 000 euros. Page 133, à 70 400 euros. Avec Sarah Chiche, c’est comme au Schmilblic, le gain augmente quand personne ne trouve la réponse. Séance « accueil des émotions », séance « retour à l’enfance », séance « respiration », séance « cri primal »… Tout ça pour renaître à soi-même, mais plumée. Coût de la cure : 184 000 euros. A ce prix-là, il y a de quoi devenir dingue (il fallait déjà l’être pour continuer) ! Au lieu d’écrire l’adaptation d’un cas clinique sur l’emprise démoniaque, Sarah Chiche devrait relire Les possédés ou Le journal d’un fou, mais tout le monde n’est pas Dostoïevski ou Gogol. Cet étouffe-chrétien est du reste dédié « Au chien ». Qu’il en fasse des boulettes maison...
L’emprise, de Sarah Chiche, éd Grasset, 14, 90 euros, 180 p.
Emmanuelle de Boysson
Profil
Emmanuelle De Boysson
Ecrivain (auteur de dix livres dont Le secret de ma mère, Le secret des couples qui durent, aux Presses de la Renaissance, J'ai Lu ; Les grandes bourgeoises et Les nouvelles provinciales, chez J-C Lattès), journaliste à Marie Claire, votrejournal.net, Fémi 9, Service littéraire et Présidente du Prix Lilas.
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