Les nouvelles provinciales  23/06/2008

Actus personnelles

Emmanuelle de Boysson


Aînée de cinq enfants, Emmanuelle passe son enfance au Maroc. Après une adolescence en Alsace, elle est inscrite en terminale, à Sainte-Marie de Neuilly, institution fondée par son arrière grand-mère, Madeleine Daniélou. Après des études de lettres et de Sciences politiques, elle se marie avec Hervé de Boysson, père de ses trois enfants. Formatrice en relations humaines pendant quinze ans, en 1995, elle joue Louise de Rénal dans son adaptation du Rouge et le Noir avant de consacrer à ses grands-oncles une biographie enthousiaste : Le cardinal et l'hindouiste ou le mystère des frères Daniélou (réédité aux Presses de la Renaissance en sept 2008). Elle complète sa trilogie familiale avec Georges Izard, avocat de la liberté et Le secret de ma mère (Presses de la Renaissance). Ce récit sur les relations mères filles la convainc d'écrire toujours plus sur les femmes. En 2005, paraît L'Amazone de la foi, biographie d'une aventurière du Nouveau Monde. La même année, Le secret des couples qui durent (J'ai lu). En 2006, Les grandes bourgeoises, peinture d'un milieu très rive gauche dont elle se moque pour bien le connaître (Pocket).
Après Femmes, les grands rendez-vous de votre vie, la présidente du Prix Lilas, critique littéraire à Marie Claire vient de publier Les nouvelles provinciales (J-C Lattès), une chronique de mœurs qui rend hommage aux provinciales.


Mes lectrices sur myspace A propos des nouvelles provinciales


Bonjour Emmanuelle.
Comme promis, voici mon avis sur vos nouvelles provinciales ! Et c'est avec un réel plaisir que je m'y colle !
Tout d'abord, j'ai été séduite par cette galerie de portraits féminins haute en couleur. Je les visualisais, je les entendais... Elles avaient une réelle consistance, de la densité, de la complexité. Si humaines. Vos personnages m'ont happée dans leur histoire.
J'ai beaucoup apprécié aussi l'humour avec lequel vous abordez les diktats et autres futilités de notre époque. Votre style clair et fluide a contribué à mon plaisir de lecture.
Ce qui m'a le plus touchée, c'est la solidarité qui unit ces femmes de coeur. Cette solidarité dont on vit mais dont on manque si souvent... J'avais envie d'être des leurs ! Une telle authenticité émane d'elles. J'ai beaucoup aimé l'idée du "temps où les femmes font de petits deuils pour renaître" et "l'ivresse des nouveaux départs". Ca sonne si juste. Je me sentais de connivence avec elles et avec vous.
Et puis, il y a cette fin, sublimement émouvante. Ôter la chemise de nuit érotique (quel bon fil conducteur !) pour mieux accepter l'héritage maternel... L'image est belle, tout simplement.
Donc je tiens à vous féliciter pour votre travail, à mes yeux une vraie réussite. Comme seule une femme peut en écrire ?
Juste une petite remarque qui n'a peut-être pas beaucoup d'intérêt : à la ligne 22 de la page 271, il est écrit "Diane" au lieu de "Mirabelle".
Mais dites-moi (si je ne suis pas trop indiscrète) : de laquelle de ces femmes vous sentez-vous la plus proche ?
A bientôt, Vanessa

Chère Emmanuelle,
Je viens de terminer votre roman « les nouvelles provinciales ».
Comme promis, je vous fais part de mes commentaires après lecture.
Je suis un peu gênée car je vous ai demandé un service et donc ma « critique » pourrait paraître hypocrite, pourtant elle est tout ce qu'il y a de plus sincère. De toute manière, une fois terminée et envoyée, cette lettre vous appartiendra et ce sera à vous de déterminer si celle-ci vous paraît sincère ou non.
Je ne suis qu'une secrétaire notariale, pas une critique littéraire, je ne sais pas analyser un texte, je peux juste vous dire ce que j'ai ressenti en lisant votre livre mais cela a quand même le mérite de venir droit du cœur.
Donc je commence, j'ai débuté « les nouvelles provinciales » chez ma coiffeuse samedi dernier alors que celle-ci était en train de couvrir les quelques premiers cheveux blancs que je n'assume pas encore à 32 ans et j'en ai terminé la lecture hier soir, sur le chemin qui m'emmenait de SIERENTZ au COL DU DONON. Il me sera donc impossible d'oublier ce livre puisque je l'ai terminé le jour où mon homme m'a fait la surprise de m'emmener au DONON pour nos quinze ans « d'amour et de passion » (j'aime bien dire cela, ça fait feuilleton américain à l'eau de rose mais c'est tellement vrai pour notre cas), voilà pour l'anecdote.
Comme tous les livres que j'ai aimés, une fois arrivée à la fin, j'ai eu un pincement au cœur. J'étais un peu triste de l'avoir refermé. En effet, je m'étais attachée à toutes les héroïnes du livre. Toutes différentes mais toutes attachantes. Votre roman donne une image de l'Alsacienne différente de celle que l'on voit en général. Effectivement même en ayant été élevées à la Blédine épaisse, à la choucroute, au baeckeofe, aux fleischschnackas un olles… le tout sur fond de variété allemande, nous arrivons à être des femmes qui en veulent, des femmes dynamiques, cultivées, sexys… bref tout le contraire de l'espèce d'image d'Epinal qui nous montre en costume traditionnel, gros nœud sur la tête, bretzel dans une main et bock de bière dans l'autre. .. l'air un peu naïve en plus.
Le fait que la majeure partie de l'histoire se déroule à MULHOUSE dans des endroits « mythiques » tels le bâtiment annulaire, le Moll, le lycée Schweitzer où j'ai passé mon BAC, m'a donné l'impression de faire partie du roman. C'est la première fois que je lisais un texte qui parlait de ma ville de naissance (j'habite depuis un an et demi à SIERENTZ), Ville que j'ai souvent critiquée mais que j'aime tellement.
Le texte est simple dans le sens où il est accessible à tous, cela rend la lecture agréable et donne envie d'aller jusqu'au bout de l'histoire.
J'ai aimé votre humour et surtout votre façon d'aborder la sexualité de ces femmes. Le mois prochain j'aurai 32 ans, comme je l'ai dit plus haut. Mes premiers cheveux blancs apparaissent et je guette les premières rides. Jusqu'à maintenant tout cela me faisait peur mais en lisant votre livre j'ai trouvé que la « quarantaine » avait ses bons côtés également (comme tous les âges vous me direz) et que je n'avais vraiment pas de soucis à me faire, question apparence, envie de plaire, sexualité etc…
Personnellement, le message que j'ai retenu de votre livre est le suivant (c'est vraiment le « sentiment » que je retiens de l'histoire) ; une femme peut être belle à tout âge, l'essentiel est qu'elle assume ses choix, qu'elle fasse ce qu'elle a envie de faire et quand elle a envie de le faire.
Juste une petite chose, page 152, vous parlez d'un baeckeofe aux lentilles, je n'ai jamais entendu parler d'une telle recette, est-ce une spécialité de Wesserling ? ou d'ailleurs ?
Je vous souhaite plein de bonnes choses et vous dis à bientôt à SAINT-LOUIS.
Bisous.
Christelle.
P. S : j'allais oublier, je ne sais pas pourquoi, sûrement l'ambiance féminine du livre, mais cela m'a donné envie d'aller à un « bibala fritig » l'année prochaine.



Merci Emmanuelle. Votre message comme votre roman me font chaud au coeur ! Je peux vous assurer que votre objectif de mettre en valeur l'amitié, la solidarité féminine est parfaitement atteint. J'imagine les nombreuses heures de travail, de remise en question, de découragement peut-être qui ont précédé la publication. Mais maintenant, vous pouvez profiter pleinement de cette réussite, vous avez ma bénédiction !
Je vous embrasse aussi, Vanessa


Carnaval des Poulettes à la fête

Le 28/01/08 à 06:29 - ARTICLE DU JOURNAL L'ALSACE

Les poulettes ont été surprises cette année dirait-on par la précocité du carnaval, dont la date est dictée par le calendrier pascal. Elles étaient un peu moins nombreuses que les années précédentes pour le 1er Bibala Fritig. Mais ça ne les a pas empêchées de s'amuser.

À 20 h, vendredi, les Caves du Vieux Couvent à Mulhouse sont déjà quasiment pleines. L'ambiance est plutôt calme encore mais on perçoit que ça ne va pas durer. Et tant mieux. Déjà, une tablée de vamps en tablier et fichu a la bougeotte. Ce sont des fidèles. En quinze ans elles connaissent la musique ! Pierrette, l'aînée, est l'instigatrice de cette sortie annuelle – parmi d'autres - entre copines, mère et fille, sœurs de 32 à 61 ans. Elle-même dit avoir été « embrigadée à l'époque par les filles de DMC ». À chaque fois, elles choisissent un thème différent : cow-boy, pyjama, homme de chantier, bébé…
A la table d'à côté, Joanna semble toute timide. Et pour cause : c'est la première fois qu'elle vient aujourd'hui, pour accompagner sa meilleure amie, et en plus c'est le jour de ses 18 ans ! Jolie façon d'entrer dans la majorité. A l'autre bout de la salle une toute jeune fille aussi, Fiona, accompagne sa maman. La relève semble assurée. À côté d'elles Sabine, une ancienne adepte de la Cour des Chaînes, affirme : « La nuit des poulettes c'est un bon moyen de décompresser. » Elles s'en donneront à cœur joie quand le trio royal, la reine du carnaval Virginie et ses dauphines, présentées par Zazouille et Domdom, les entraîneront dans une queue leu leu rythmée par le claquement de galoches des grosses têtes.
Au Bistrot de la Place l'ambiance est différente. L'Auberge du Vieux Mulhouse, actuellement en travaux, a transféré la fête ici, et certaines habituées du restaurant bien connu de la place de la Réunion ont sans doute été un peu déroutées par ce changement. C'est donc dans un climat intimiste que se déroule la soirée.

« Il faut penser à soi »

Mais cela ne semble pas déranger Ginette et sa fille Martine, ainsi que la voisine Hannelore, qui innovent elles aussi. La proximité favorise les échanges. Quand les Ratchwivers viennent raconter leurs histoires en alsacien, une bibala assise au milieu traduit généreusement leurs commérages à celles qui n'ont pas l'heur de comprendre.
Chez Hug, une douzaine de poulettes bien calibrées vole la vedette aux danseuses : la pharmacie du centre d'Illzach est de sortie et sort du lot. Parmi les femmes assez nombreuses, on remarque tout de suite leurs chapeaux de plumes blanches, tous identiques. Elles ont dégoté leur panoplie craquante sur le net. Tout le monde les couve du regard.
Devant chacun des lieux ces messieurs du comité du carnaval et de l'entente mulhousienne veillent avec plaisir sur la sécurité de ces dames. Lili résume la philosophie du Bibala Fritig : « On s'enquiquine assez dans la vie. Il faut penser aussi à soi. » Toutes celles qui ont réservé pour vendredi prochain partagent cette opinion, et cette fois c'est déjà presque complet.

Catherine Ruff





Recherche

Profil
Emmanuelle de Boysson
Emmanuelle de Boysson
Ecrivain (auteur de dix livres dont Le secret de ma mère, Le secret des couples qui durent, aux Presses de la Renaissance, J'ai Lu ; Les grandes bourgeoises et Les nouvelles provinciales, chez J-C Lattès), journaliste à Marie Claire, votrejournal.net, Fémi 9, Service littéraire et Présidente du Prix Lilas.







Galerie


RSS ATOM RSS comment PODCAST Mobile