Actus personnelles

Mes coups de coeur


LE MAITRE ET LE VIOLONCELLE
Par Anne H. Tallec
Epouse d’un sous-préfet de Dordogne et d’ailleurs, aujourd’hui, secrétaire général de la mer, Anne Tallec a beaucoup voyagé. Passionnée de musique, chanteuse lyrique, elle est initiée à la lutherie sur une île du golfe de Saint-Laurent. « J’avais l’impression d’avoir un violoncelle en moi », dit cette femme habitée. En 2006, elle se rend toutes les semaines dans l’Yonne, chez un maître luthier et fabrique elle-même un violoncelle. « Cet homme affirmait détenir des manuscrits anciens dans un mur. Il a ouvert un coffre-fort, en a sorti des papiers qui contenaient sans doute des secrets ésotériques du fond des âges. J’ai voulu en savoir plus, mais il s’est tu. L’artisan m’a-t-il soupçonné de vouloir les lui voler ? », raconte-t-elle. Ce roman est le fruit de cette expérience fascinante.
Thomas, luthier de réputation internationale, revient à Mirecourt, dans les années 80. Ce solitaire redonne vie à la maison où son grand-père s’est pendu. Il découvre des écrits qui le persuadent de devenir le dernier grand luthier. Dépasser Stradivari ! Confronté à Victor, jeune violoniste et à Mathilde, sa nièce d’élection, il se renferme, hanté par son rêve et le mystère de cet instrument à la fois masculin et féminin. Anne Tallec nous introduit dans l’univers odorant et mystérieux de la facture instrumentale où l’artisan finit par donner naissance à un prolongement de lui-même, à une voix plus humaine que la sienne. Un premier roman poétique et initiatique, magnifiquement construit, où plusieurs histoires d’amour se répondent.
Emmanuelle de Boysson
Ed. JC Lattès, 19E, 301 p.
Marc-Edouard Nabe

Marc-Edouard Nabe est un des meilleurs écrivains de sa génération. Un grand styliste. Son problème, c’est qu’il se saborde. Il a même écrit un roman sur le suicide, Je suis mort. Au début du Vingt-septième livre, préface à la réédition du Régal des vermines, publié en 1985, chez Bernard Barrault, il écrit : « Je suis un loser, ce qu’on appelle un écrivain à insuccès, une sorte de worst-seller… J’ai complètement raté mon destin d’écrivain. J’ai écrit vingt-six livres inutiles : personne ne les a lus, ou si peu. Flops sur flops ». Si ce provocateur suscita des polémiques (lors d’une émission de Pivot ou par ses attaques dans l’Idiot International), ce marseillais, fou de jazz, de peinture et de littérature, préfère parler des autres - voir Zigzags (1986) et son monumental Journal intime (1991). Le Dilettante a eu l’excellente idée de rééditer trois de ses titres. Dans la préface de son Régal, il brosse un portrait de son voisin, rue de la Convention, le jeune Houellebecq, qui écrivait des poèmes désespérés et descendait les poubelles. La Marseillaise est un chant d'amour pour le jazzman, Albert Ayler ; Nuage, un vibrant hommage à Django Reinhardt. Nabe a un diapason en guise de stylo. Sans doute est-ce pourquoi sa prose est si musicale, chaude et enveloppante, comme la voix de Billie Holliday qu’il vénère. Un homme capable de s’enflammer à ce point ne saurait être mauvais.
Emmanuelle de Boysson
La Marseillaise, 48 p., 9, 90 E. Nuage, 64 p. 9, 90 E. Le Vingt-septième Livre, 96 p., 10 E. Ed Le Dilettante.


Recherche

Profil
Emmanuelle De Boysson
Emmanuelle de Boysson
Ecrivain (auteur de dix livres dont Le secret de ma mère, Le secret des couples qui durent, aux Presses de la Renaissance, J'ai Lu ; Les grandes bourgeoises et Les nouvelles provinciales, chez J-C Lattès), journaliste à Marie Claire, votrejournal.net, Fémi 9, Service littéraire et Présidente du Prix Lilas.







Galerie


RSS ATOM RSS comment PODCAST Mobile