Demander son chemin en campagne est un poème chaque jour renouvelé.
Entendre : "c'est facile, vous prenez la deuxième route à droite, puis la troisième à gauche" sera toujours ponctué par un "vous ne pouvez pas vous tromper" encourageant mais inquiétant. C'est charmant car c'est très vrai pour la personne qui vous explique tout si bien. Bien entendu, deux autres personnes, venues de nulle part, vous feront part de leurs préférences qui n'ont rien à voir avec votre première indicatrice.
Soyez rassurés si on vous indique de dépasser la ferme du père Mathurin, c'est le bon renseignement et vous trouverez sûrement.
Dites-vous bien que si vous entendez : elle habite en bas de la côte, c'est que votre agent de renseignement habite elle-même en haut de la côte et sûrement pas en bas de la descente. Repartez prudemment en essayant de ne pas entendre : "tiens, celui-ci n'est pas d'ici". Si vous n'avez pas trouvé la deuxième route à droite, puis la troisième à gauche après la ferme du père Mathurin, vous risquez de dormir dans votre voiture. Au réveil, les petits oiseaux seront pour vous. Ne prenez jamais de GPS, la poésie est à vos pieds.
Xavier Huon (Brest)