À la fin de l'été 1929, le Graf Zeppelin fait le tour du monde en vingt et un jours. Ce film nous fait revivre ce voyage historique à travers le récit à la première personne de lady Grace Drummond-Hay. Seule femme à être montée à bord, cette journaliste faisait partie de la vingtaine de personnalités invitées dans des conditions luxueuses à bord de cet énorme dirigeable. Inspiré des six cents lettres, des articles et des notes qu'elle a laissés, le documentaire restitue toute l'atmosphère de cette extraordinaire épopée : l'aventure périlleuse d'un engin résultant d'un exploit technologique, la vie à bord, l'histoire d'amour tragique qui lie la protagoniste à un confrère, et, à travers les fenêtres du zeppelin, le contexte de l'époque. Époque qui fait écho à la nôtre, car, quelques semaines après ce voyage, un crash boursier bouleversa le monde... Une invitation à un splendide voyage historique uniquement constituée d'archives assemblées avec subtilité, restaurées et assorties d'une bande sonore soignée.
Si le Titanic avait des ailes ?
On ne peut s'empêcher, en voyant ce documentaire sur Arte, de dresser un parallèle avec un autre fait journalistique qui défraya la chronique début du vingtième siècle. Il s'agissait d'un navire majestueux et présumé insubmersible : le Titanic, qui sombra pourtant, un soir d'infortune, dans les eaux très froides de l'Atlantique du Nord. Exploit technologique, fond historique, récit argumenté et bisbille amoureuse, seul le dernier acte de ce "film" mériterait une petite retouche un peu plus théâtrale, afin de prétendre, tel l'opus de Cameron, à un succès au box-office. Référence cinématographique à part, on se laisse volontiers convertir par une tranche d'un passé d'audacieux où les fragrances belliqueuses évanescentes de la Seconde Guerre mondiale, posent les bases d'autres chroniques majeures à venir...
Fabien Ivergneau