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Course poursuite tragique : les policiers avaient-ils raison de courser les trois jeunes en scooter ?1h30 du matin. Nuit de mardi à mercredi, à Woipy, près de Metz. Trois policiers municipaux voient débouler un scooter, feux éteints et qui roule trop vite, avec trois passagers. Course poursuite. Le scooter tombe dans un virage. Un des trois jeunes gens meurt, les deux autres sont grièvement blessés. Le scooter était volé. Colère d'autres jeunes du coin, gendarmes caillassés, voitures incendiées. Protestation aussi des familles des victimes, accusant la police d'avoir déclenché cette course poursuite fatale. Ont-elles raison ? La police a-t-elle commis une grave erreur ?
C’est une affaire douloureuse, où il y a mort d’homme, et où il faut respecter le malheur des familles touchées par cet accident, et chercher à déterminer avec précision ce qui s'est passé, pour en juger plus sereinement...
Néanmoins, sauf si les policiers avaient heurté le deux-roues des jeunes, on ne peut pas leur reprocher de les avoir poursuivis. Car : 1/ C’est leur métier, et ce que la République - et donc les citoyens - leur demande. 2/ Si on laisse des gens voler un véhicule, puis monter à trois sans casque sur un deux-roues, alors pourquoi ne pas laisser aussi les gens conduire des voitures sans permis, ou des voyous agresser des personnes dans la rue sans poursuivre les agresseurs pour la seule raison que cette poursuite pourrait tant soit peu nuire à ceux-là même qui ont provoqué l’incident ? Dans le fait divers en question, une chose est la mort du jeune homme - tragique et révoltante en effet, mais à qui la faute ? - et la peine cela suscite, et autre chose la limite que met la loi à ce qui ne doit pas être fait, et qui s’il est fait doit être le plus vite possible réprimé. D’autant plus que si la police n’avait pas arrêté ces trois personnes, elles auraient pu avoir de toute façon un accident (à trois sur un scooter…), et se tuer ou tuer quelqu’un d’autre. Qu’aurait-on dit alors des policiers qui les auraient laissé s’enfuir sans lever le petit doigt ? Reste que l'enquête doit encore montrer que les policiers n'ont pas heurté le scooter ; que les trois jeunes ne méritaient pas de subir un tel drame (même si l'on considère que c'est eux qui ont déclenché ce terrible concours de circonstances et que les policiers n'en sont pas responsables) ; que les attributions de la police municipales doivent être précisément définies et respectées ; que le désoeuvrement et le manque de repères des jeunes dans certains milieux relève bien sûr d'eux-mêmes et de leur famille, mais également de l'Etat. Cet Etat - nous tous, donc - qui malgré quelques mouvements de manche sporadiques, ne fait pas grand chose pour que ça change. Gilles Chenaille
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