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Mercredi 8 Février 2012
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Congo : cohabitation difficile entre Kabila et Gizenga



Par Richard Kabamba
Par Richard Kabamba
La République démocratique du Congo vit au rythme de la 3ème République depuis le jour de la prestation de serment constitutionnel par Joseph Kabila qui s’est succédé à lui-même à l’issue d’une élection toujours contestée jusqu’aujourd’hui par l’opposition représentée par le candidat malheureux Jean-Pierre Bemba Gombo.
On se rappelle le discours de Kabila lors de sa campagne électorale. Il a promis de travailler sur 5 chantiers pour changer le Congo en 5 ans à savoir : routes, emploi, logement, écoles et hôpitaux, eau et électricité. ll y a ensuite son discours d’investiture qui a annoncé la fin de la récréation en promettant un Etat de droit, la lutte contre la corruption, la réinstauration de la justice, la consolidation de l’unité nationale et la reconstruction du pays.

A tout ces beaux discours alléchants, le peuple congolais qui en a tant entendu du temps de la 2ème république sous la dictature mobutienne, n’y prête pas foi et n’attend que des actes concrets.
Voilà pourquoi, tout acte que pose l’homme fort de Kinshasa aujourd’hui, est suivi et analysé avec intérêt par les Congolais et autres analystes politiques intéressés par l’évolution de la santé du moribond Congo de Lumumba.
Ainsi, le premier acte de Kabila à ce jour est la nomination du premier ministre, charge qui lui revient en sa qualité de président de la république, et ce conformément à l’article 78 de la constitution qui stipule : le président de la république nomme le premier ministre au sein de la majorité parlementaire après consultation de celle-ci. Si une telle majorité n’existe pas, le président de la république confie une mission d’information à une personnalité en vue d'établir une coalition…
Au regard de ce texte, Kabila et son alliance pour la majorité présidentielle, AMP en sigle, ont la majorité absolue au sein de l’assemblée nationale où ils ont plus de 251 députés requis sur les 500 siégeant en chambre. On ne comprend donc pas pourquoi Kabila a confié la mission d’information à Antoine Gizenga, leader du PALU, alors que son regroupement politique l’AMP détient la majorité requise au sein de l’Assemblée nationale.

Un mariage pas tout rose

Joseph Kabila
Joseph Kabila
La lenteur avec laquelle cette nomination est arrivée a aussi surpris certains analystes qui disent que Kabila est bloqué par les bailleurs des fonds qui ne sont pas d’accord avec la présence d’un nationaliste à la tête du gouvernement, et que tenant à respecter les accords électoraux signés lors du 2ème tour de l’élection présidentielle, Kabila a joué la diversion avec cette histoire d’informateur qui ne rime à rien, tant il détient la majorité absolue au sein de l’assemblée nationale avec son AMP l’élection des membres du bureau de cet organe si bien prouvé. Plus de 320 membres ont voté AMP à tous les postes du bureau.
Mais les observateurs se demandent où l’amènera cette mauvaise mise en scène si ses maîtres à penser, véritables conducteurs du grand et lourd bateau qu'est la RDC et qui agissent dans l’ombre, n’apprécient pas toujours la tête du patriarche du PALU pour les intérêts non congolais.

Dans l’opposition congolaise, on jubile déjà au constat que le mariage Kabila-Gizenga n’est pas tout rose. Il n’y a pas que ça. Les couleurs annoncées par Gizenga lui- même lors d’une conférence de presse ne sont pas du goût de Kabila. Le vieux lumumbiste refuse de travailler avec toutes les personnes ayant, dans le passé trempé dans les histoires de détournement, pillage et bradage du patrimoine de l’Etat.
En clair Gizenga n’accepte pas certains noms des ministrables soutenus par le camp de Joseph Kabila. Il récuse surtout les vautours et autres criminels économiques des régimes précédents cités. Il oppose son refus surtout envers les personnalités citées dans le rapport du panel des experts des Nations Unies et par les commissions Bakandeja et Lutundula du dernier parlement de transition. Il en est de même de celles qui se sont compromises dans l’affaire de crédit d’impôt et dont les dossiers attendent d’être ouverts par la justice.
Les proches et autres membres de la famille restreinte de Kabila sont les plus visés par cette position intransigeante du nationaliste Gizenga que beaucoup reprochent d’avoir choisi Kabila pour allié au lieu de rester dans sa position neutre.
La vérité est qu’aujourd’hui Kabila a éprouve une grande difficulté à maîtriser la situation alors que s’il ne s’était pas lié les mains lui-même avec les occidentaux, il battrait tranquillement ses cartes, et les décisions internes seraient plus bénéfiques aurtant pour lui que pour le peuple qu’il se targue de servir sous serment.


Richard Kabamba (Lucerne, Suisse)


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